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Tome premier.
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EXAMEN DE L’ILLUSION.

acteurs, et qu’ils se dérobent plutôt au péril qu’ils n’entriomphent. Le lieu y est assez régulier, mais l’unité dejour n’y est pas observée. Le cinquième est une tragédieassez courte pour n’avoir pas la juste grandeur que de-mande Aristote et que j’ai tâché d’expliquer. Clindor etIsabelle, étant devenus comédiens sans qu’on le sache, yreprésentent une histoire qui a du rapport avec la leur, etsemble en être la suite. Quelques-uns ont attribué cetteconformité à un manque d’invention, mais c’est un traitd’art pour mieux abuser par une fausse mort le père deClindor qui les regarde, et rendre son retour de la douleurà la joie plus surprenant et plus agréable.

Tout cela cousu ensemble fait une comédie dont l’actionn’a pour sa durée que celle de sa représentation, mais surquoi il ne serait pas sûr de prendre exemple. Les capricesde cette nature ne se hasardent qu’une fois; et quand l’ori-

ginal aurait passé pour merveilleux, la copie n’en peut ja-mais rien valoir. Le style semble assez proportionné auxmatières, si ce n’est que Lyse, en la septième scène dutroisième acte, semble s’élever un peu trop au-dessus ducaractère de servante. Ces deux vers d’Horace lui servirontd’excuse, aussi bien qu’au père du Menteur, quand il semet en colère contre son fds au cinquième acte :

Interdum tamen et vocem comædia tollit ,

Iratusque Chremes tumido delitigat ore.

Je ne m’étendrai pas davantage sur ce poème : tout ir-régulier qu’il est, il faut qu’il ait quelque mérite, puisqu’ila surmonté l’injure des temps, et qu’il paraît encore surnos théâtres, bien qu’il y ait plus de trente années qu’il estau monde, et qu’une si longue révolution en ait ensevelibeaucoup sous la poussière, qui semblaient avoir plus dedroit que lui de prétendre à une si heureuse durée.

FIN DE 1,’ILLUSION.