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ANDROMÈDE, ACTE III, SCÈNE IV.
CASSIOPE.
Ah c’est cet inconnu par mes cris appelé,
C’est lui-même, seigneur, que mon âme étonnée....
persée , en F air, sur le Pégase.
Reine, voyez par là si je vaux bien Phinée,
Si j’étais moins que lui digne de votre choix,
Et si le sang des dieux cède à celui des rois.
CASSIOPE.
Rien n’égale, seigneur, un amour si fidèle ;Combattez donc pour vous en combattant pour elle :Vous ne trouverez point de sentiments ingrats.
persée , à Andromède.
Adorable princesse, avouez-en mon bras.chœur de musique, cependant que Persée combatle monstre.
Courage, enfant des dieux, elle est votre conquête ;Et jamais amant ni guerrierNe vit ceindre sa tête
D’un si beau myrte ou d’un si beau laurier.une voix seule.
Andromède est le prix qui suit votre victoire :Combattez, combattez ;
Et vos plaisirs -et votre gloireRendront jaloux les dieux dont vous sortez;le chœur répète.
Courage, enfant des dieux, elle est votre conquête ;Et jamais amant ni guerrierNe vit ceindre sa tête
D’un si beau myrte ou d’un si beau laurier.timante , à la reine.
Voyez de quel effet notre attente et suivie,
Madame ; elle est sauvée, et le monstre est sans vie.
persée , ayant tué le monstre.
Rendez grâces au dieu qui m’en a fait vainqueur.
CASSIOPE.
O ciel ! que ne vous puis-je assez ouvrir mon cœur !E’oracle de Vénus enfin s’est fait entendre-:
Voilà ce dernier choix qui nous devait tout rendre ;Et vous êtes , seigneur, l’incomparable épouxPar qui le sang des dieux se doit joindre avec nous.
Ne pense plus, ma fille, à ton ingrat Phinée;
C’est à ce grand héros que le sort t’a donnée ;
C’est pour lui que le ciel te destine aujourd’hui ;
Il est digne de toi, rends-toi digne de lui.
PERSÉE.
Il faut la mériter par mille autres services ;
Un peu d’espoir suffit pour de tels sacrifices.Princesse, cependant quittez ces tristes lieux,
Pour rendre à votre cour tout l’éclat de vos yeux.Ces vents, ces mêmes vents qui vous ont enlevée,Vont rendre de tout point ma victoire achevée :L’ordre que leur prescrit mon père JupiterJusqu’en votre palais les force à vous porter,
Les force à vous remettre où tantôt leur surprise....
ANDROMÈDE.
D’uné frayeur mortelle à peine encore remise,Pardonnez, grand héros, si mon étonnementN’a pas la liberté d’aucune remercîment.
PERSÉE.
Venez, tyrans des mers, réparer votre crime,
Venez restituer cette illustre victime ;
Méritez votre grâce, impétueux mutins,
Par votre obéissance au maître des destins.
(Les vents obéissent aussitôt à ce commandement de Per-sée; et on les voit en un moment détacher cette prin-cesse , et la reporter par-dessus les flots jusqu’aux lieuxd’où ils l’avaient apportée au commencement de cet acte.En même temps Persée revoie en haut sur son chevalailé ; et, après avoir fait un caracol 1 admirable au mi-lieu de l’air, il tire du même côté qu’on a vu disparaîtrela princesse : tandis qu’il vole, tout le rivage retentit decris de joie et de chants de victoire.)
cassiope, voyant Persée revoler en haut aprèssa victoire.
Peuple, qu’à pleine voix l’allégresse publiqueAprès un tel miracle en triomphe s’explique,
Et fasse retentir sur ce rivage heureuxL’immortelle valeur d’un bras si généreux.
CHŒUR.
Le monstre est mort, crions victoire,
Victoire tous, victoire à pleine voix ;
Que nos campagnes et nos boisNe résonnent que de sa gloire.
Princesse, elle vous donne enfin l’illustre épouxQui seul était digne de vous.
Vous êtes sa digne conquête.
Victoire tous, victoire à son amour !
C’est lui qui nous rend ce beau jour,
C’est lui qui calme la tempête :
Et c’est lui qui vous donne enfin l’illustre épouxQui seul était digne de vous.cassiope, après que Persée est disparu.Dieux ! j’étais sur ces bords immobile de joie !
Allons voir où ces vents ont reporté leur proie,Embrasser ce vainqueur, et demander au roiL’effet du juste espoir qu’il a reçu de moi.
SCÈNE IV.
CYMODOCE, ÉPHYRE, CYDIPPE.
(Ces trois néréides s'élèvent du milieu des flots.}
CYMODOCE.
Ainsi notre colère est de tout point bravée !
1 Le genre et l’orthographe du mot caracol ont changé de-puis ; on écrirait aujourd’hui une caracole.