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Tome second.
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AGÉSILAS, ACTE II, SCÈNE VI.

Ou j’aigris puissamment ce rivai contre lui.

J’ai même à souhaiter que son feu se déclare.

Comme de notre Sparte il choquera les lois,

C’est une occasion que lui-même il prépare,

Et qui peut la résoudre à mieux choisir ses rois.Nous avons trop longtemps asservi sa couronneA la vaine splendeur du sang;

Il est juste à son tour que la vertu la donne,

Et que le seul mérite ait droit à ce haut rang.

Ma ligue est déjà forte, et ta harangue est prêteA faire éclater la tempête,

Sitôt qu’il aura mis ma patience à boutSi pourtant je voyais sa haine enfin bornéeNe mettre aueun obstacle à ce double hyménée,

Je crois que je pourrais encor oublier tout.

En perdant cet ingrat, je détruis mon ouvrage ;

Je vois dans sa grandeur le prix de mon courage,

Le fruit de mes travaux, l’effet de mon crédit.

Un reste d’amitié tient mon âme en balance;

Quand je veux le haïr je me fais violence,

Et me force à regret à ce que je t’ai dit.

Il faut, il faut enfin qu’avec lui je m’explique,

Que j’en sache qui peut causerCette haine si lâche, et qu’il rend si publique,

Et fasse un digne effort à le désabuser.

CLEON.

Il n’appartient qu’à vous de former ces pensées;

Alais vous ne songez point avec quels sentimentsVos deux filles intéresséesApprendront de tels changements.

LYSANDER.

A glatide est d’humeur à rire de sa perte ;

Son esprit enjoué ne s’ébranle de rien :

Pour l’autre, elle a, de vrai, l’âme un peu moins ou-Maisellen’eutjamaisdevouloirquelemien. [verte,Ainsi je me tiens sûr de leur obéissance.

CLÉON.

Quand cette obéissance a fait un digne choix,

I ,e cœur, tombé par là sous une autre puissance,N’obéit pas toujours une seconde fois.

LYSANDER.

I.es voici : laisse-nous, afin qu’avec franchiseLeurs âmes s’en ouvrent à moi.

SCÈNE VI.

LYSANDER, ELPINICE, AGLATIDE.

LYSANDER.

J’apprends avec quelque surprise,

Mes filles, qu’on vous manque à toutes deux de foi ;Cotys aime en secret une autre qu’Elpinice,Spitridate n’en fait pas moins.

ELPINICE.

Si l’on nous fait quelque injustice,

Seigneur, notre devoir s’en remet à vos soins.

Je ne sais qu’obéir.

AGLATIDE.

J’en sais donc davantage;

Je sais que Spitridate adore d’autres yeux ;

Je sais que c’est ma sœur à qui va cet hommage,

Et quelque chose encor qu’elle vous dirait mieux.

ELPINICE.

Ma sœur, qu’aurais-je à dire?

AGLATIDE.

A quoi bon ce mystère?

Dites ce qu’à ce nom le cœur vous dit tout bas,

Ou je dirai tout haut qu’il ne vous déplaît pas.

ELPINICE.

Moi, je pourrais l’aimer, et sans l’ordre d’un père!

AGLATIDE.

Vous ne savez que c’est d’aimer ou de haïr,

Mais vous seriez pour lui fort aise d’obéir.

ELPINICE.

Qu’il faut souffrir de vous, ma sœur !

AGLATIDE.

Le grand supplice

De voir qu’en dépit d’elle on lui rend du service !

LYSANDER.

Rendez-lui la pareille. Aime-t-elle Cotys?

Et s’il fallait changer entre vous de partis....

AGLATIDE.

Je n’ai pas besoin d’interprète,

Et vous en dirai plus, seigneur, qu’elle n’en sait.Cotys pourrait me plaire, et plairait en effet,

Si pour toucher son cœur j'étais assez bien faite;Alais Je suis fort trompée, ou cet illustre cœurN’est pas plus à moi qu’à ma sœur.

LYSANDER

Peut-être ce malheur d’assez près te menace.

AGLATIDE.

J’enconnaisplusdevingtqui mourraienten maplace,Ou qui sauraient du moins hautement querellerL’injustice de la fortune ;

Mais pour moi, qui n’ai pas une âme si commune,

Je sais l’art de m’en consoler.

Il est d’autres rois dans l’AsieQui seront trop heureux de prendre votre appui ;

Et déjà je ne sais par quelle fantaisie

J’en crois voir à mes pieds de plus puissants que lui.

LYSANDER.

Donc à moins que d’un roi tu ne veux plus te rendre?

AGLATIDE.

Je crois pour Spitridate avoir déjà fait voirQue ma sœur n’a rien à m’apprendreSur le chapitre du devoir.

Elle sait obéir, et je le sais comme elle :