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Tome second.
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ATTILA, ACTE I, SCÈNE I.

'lue j’ai fait et ferai à l’avenir à la censure des puissances,tant ecclésiastiques que séculières, sous lesquelles Dieu metait vivre : je ne sais s’ils en voudraient faire autant ; l’autre,que la comédie est assez justifiée par cette célèbre traductionde la moitié de celles de Térence, que des personnes d’unePiété exemplaire et rigide ont donnée au public, et ne l’au-‘aientjamais fait, si elles n’eussent jugé qu’on peut inno-eeniment mettre sur la scène des filles engrossées par leursanaants ,et des marchands d’esclaves à prostituer 1 . Lanô-tr e ne souffre point de tels ornements. L’amour en esti âme pour l’ordinaire ; mais l’amour dans le malheur n’ex-C| te que la pitié, et est plus capable de purger en nous cettePassion que de nous en faire envie.

fl n’y a point d’homme, au sortir de la représentationdu Cid, qui voulût avoir tué, comme lui, le père de sa'haïtresse, pour en recevoir de pareilles douceurs, ni defille qui souhaitât que son amant eût tué son père, poura ^°ir la joie de l’aimer en poursuivant sa mort. Les ten-dresses de l’amour content sont d’une autre nature; etc est ce qui m’oblige à les éviter. J’espère un jour traiterc éhe matière plus au long, et faire voir quelle erreurc est de dire qu’on peut faire parler sur le théâtre toutess °rtes de gens, selon toute l’étendue de leurs caractères.

PERSONNAGES.

ATTILA 2 , roi des Huns.

ARDàRFC , roi des Gépides.

VALA.MIR, roi des Ostrogoths.

HONorie , sœur de l’empereur Yalentinian.

ILDIONE, sœur de Mérouée, roi de France.

OCTAR, capitaine des gardes d’AUila.

FLAVIE, dame d’honneur d’Honorie.

"•a scène est au camp d’Attila, dans la Norîque.

ACTE PREMIER.

SCÈNE PREMIÈRE.

ATTILA, OCTAR, suite.

. ATTILA.

s he sont pas venus, nos deux rois ? qu’on leur die

(ie'r. entre ' e nom son adjectif se retrouve dans la scène viOu e ! Pourrait bien être un vice (le langage du temps.

dL ,™ ( f U ’H en soit, nous avons cru devoir conserver l’orthogra-de Corneille.

Mai ! s ' n| dt ici de la traduction de Port-Royal, attribuée à ledr- Slre de Sacy; elle ne comprend que trois pièces : l’Jn-3 a,(e > 1rs Adelphes et le Pliormion.

*’hôtu? e * lle ’ pif,ué de ,a Préférence que les comédiens deêoùia t a ® our S°g ne donnaient au jeune Racine, que le publicMis-jt de plus en plus, fit jouer sa pièce par la troupe du Pa-son „oyal. La Thorillière, qui y remplissait avec succès le per-se de roi, fut chargé de celui d’AUila, et s’attira de

Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila,s’ennuie ;Qu’alors que je les mande ils doivent se hâter.

OCTAR.

Mais, seigneur, quel besoin de les en consulter ?Pourquoi de votre hymen les prendre pour arbitres,Eux qui n’ont de leur trône ici que de vains titres,

Et que vous ne laissez au nombre des vivantsQue pour traîner partout deux rois pour vos suivants ?

ATTILA.

J’en puis résoudre seul, Octar, et les appelle,

Non sôus aucun espoir de lumière nouvelle ;

Je crois voir avant eux ce qu’ils m’éclairciront,

Et m’être déjà dit tout ce qu’ils me diront :

Mais de ces deux partis lequel que je préfère,

Sa gloire est un affront pour l’autre, et pour son frère;Et je veux attirer d’un si juste courrouxSur l’auteur du conseil les plus dangereux coups,Assurer une excuse à ce manque d’estime,

Pouvoir, s’il est besoin, livrer une victime;

Et c’est ce qui m’oblige à consulter ces rois,

Pour faire à leurs périls éclater ce grand choix :

Car enfin j’aimerais un prétexte à leur perte ;

J’en prendrais hautement l’occasion offerte.

Ce titre en eux me choque, et je ne sais pourquoiUn roi que je commande ose se nommer roi.

Un nom si glorieux marque une indépendanceQue souille, que détruit la moindre obéissance;

Et je suis las de voir que du bandeau royalIls prennent droit tous deux de me traiter d’égal.

OCTAR.

Mais, seigneur, se peut-il que pour ces deux princessesVous ayez mêmes yeux et pareilles tendresses,

Que leur mérite égal dispose sans ennuiVotre âme irrésolue aux sentiments d’autrui?

Ou si vers l’une ou l’autre elle a pris quelque pente,Dont prennent ces deux rois la route différente,Voudra-t-elle, aux dépens de ses vœux les plus doux,Préparer une excuse à ce juste courroux ?

Et pour juste qu’il soit, est-il si fort à craindreQue le grand Attila s’abaisse à se contraindre ?

ATTILA.

Non : mais la noble ardeur d’envahir tant d’ÉtatsDoit combattre de tête encor plus que de bras,

Entre ses ennemis rompre l’intelligence ,

Y jeter du désordre et de la défiance ,

Et ne rien hasarder qu’on n’ait de toutes parts,Autant qu’il est possible, enchaîné les hasards.

Nous étions aussi forts qu’à présent nous le sommes,Quand je fondis en Gauleavec cinq cent mille hommes.Dès lors, s’il t’en souvient, je voulus, mais en vain,

nouveaux applaudissements; mademoiselle Molière (ArmandeBéjart, femme de Molière) représentait Flavie, contidented’Honorie. ( Les frères Parfait, t. X, p. 153.)