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Tome second.
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PULCHÉRIE, ACTE V, SCENE III.

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PULCHÉBIE.

Pourquoi donc m’en fait-il une nécessité?

MABTIAN.

Pour donner plus de force à votre autorité.

PULCHÉBIE.

Son zèle est grand pour elle : il faut le satisfaire,

Et lui mieux obéir qu’il n’a daigné me plaire.

Sexe, ton sort en moi ne peut se démentir :

Pour être souveraine il faut m’assujettir,

En montant sur le trône entrer dans l’esclavage,

Et recevoir des lois de qui me rend hommage.

Allez, dans quelques jours je vous ferai savoirLe choix que par son ordre aura fait mon devoir.aspab.

P tiendrait à faveur et bien haute et bien rareLe le savoir, madame, avant qu’il se sépare.

PULCHÉBIE.

Quoi! pas un seul moment pour en délibérer !

'Pais je ferais un crime à le plus différer ;

P vaut mieux, pour essai de ma toute-puissance,Montrer un digne effet de pleine obéissance.

P et irez-vous, Aspar ; vous aurez votre tour.

SCENE III.

PULCHÉRIE, MARTI AN, JUSTINE.

PULCHÉBIE.

Lu m’a dit que pour moi vous aviez de l’amour 1 ,Seigneur ; serait-il vrai ?

MABTIAN.

Qui vous l’a dit, madame?

. Que dirons-nous de ce vieux Martian, amoureux de la•Mlle Pulcliérie? Celte impératrice entame ici une plaisanteconversation avec lui :

On m’a dit que pour moi vous aviez de l’amour,Seigneur; serait-il vrai?

MARTIAN.

Qui vous l'a dit, madame?

PULCHERIE .

services, mes yeux..

„ JJUoi le bonhomme répond qu’iî s’est tu après s’élre rendu ;,. , en e Sfet il languit, il soupire; mais qu’enjin la langueurm, °» sur s»» visage est encore plus l’effet de l’amour

? ue de T...:--~.î-- !-- c -.1_

'«Xn/n J’aime encore mieux je ne sais quelle farce danstrès , un vte'Unrd esLsaisi d’une toux violente devant sa mai-(y . s<i > ni lui dit : Mademoiselle, c’est d’amour que je tousse.y 0 |, T Pourquoi toujours cette vieille Pulchérie, si, commet 0 j taire on convient, li est permis aux poètes de changer Hiis-ce Ss e ; Co moille n’a-t-il pas été le maitre de rajeunir cette prin-pl Us . A-t-on reproché il Voltaire d’avoir représenté beaucoupet J^nes qu’elles ne pouvaient l’étre Jocaste dans Œdipe,t-eji 'uuramis dans la tragédie de ce nom? Cette liberté n’a-v, i‘iir* >aS a PP ar t en u de tout temps à la poésie? Voltaire se plaît à°n en r ' CS - P ,,rson uages de Corneille pour les rendre ridicules ;n déjà vu un exemple dans Rodogune. (P.)

PULCHÉBIE.

Vos services, mes yeux, le trouble de votre âme,L’exil que mon hymen vous devait imposer ;

Sont-ce là des témoins, seigneur, à récuser ?

MABTIAN.

C’est donc à moi, madame, à confesser mon crime.L’amour naît aisément du zèle et de l’estime ;

Et l’assiduité près d’un charmant objetN’attend point notre aveu pour faire son effet.

Il m’est honteux d’aimer; il vous l’est d’être aiméeD’un homme dont la vie est déjà consumée,

Qui ne vit qu’à regret depuis qu’il a pu voirJusqu’où ses yeux charmés ont trahi son devoir.

Mon cœur, qu’un si long âge en mettait hors d’alar-S’est vu livré par eux à ces dangereux charmes, [mes,En vain, madame, en vain je m’en suis défendu ;

En vain j’ai su me taire après m’être rendu :

On 111’a forcé d’aimer, on me force à le dire.

Depuis plus de dix ans je languis, je soupire,

Sans que, de tout l’excès d’uu si long déplaisir,

Vous ayez pu surprendre une larme, un soupir :Mais enlin la langueur qu’on voit sur mon visageEst encor plus l’effet de l’amour que de l’âge.

Il faut faire un heureux ; le jour n’en est pas loin :Pardonnez à l’horreur d’en être le témoin,

Si mes maux, et ce feu digne de votre haine,Cherchent dans un exil leur remède, et sa peine.Adieu. Vivez heureuse : et si tant de jaloux....

PULCHÉBIE.

Ne partez pas, seigneur, je les tromperai tous ;

Et, puisque de ce choix aucun ne me dispense,

Il est fait, et de tel à qui pas un ne pense.

MABTIAN.

Quel qu’il soit, il sera l’arrêt de mon trépas,Madame.

PULCHEBIE.

Encore un coup, ne vous éloignez pas.Seigneur, jusques ici vous m’avez bien servie ;

Vos lumières ont fait tout l’éclat de ma vie ;

La vôtre s’est usée à me favoriser :

Il faut encor plus faire, il faut...

MABTIAN.

Quoi?

PULCHÉBIE.

M’épouser.

MABTIAN.

Moi, madame?

PULCHÉBIE.

Oui, seigneur; c’est le plus grand serviceQue vos soins puissent rendre à votre impératrice.Non qu’en m’offrant à vous je réponde à vos feuxJusques à souhaiter des fils et des neveux :

Mon aïeul, dont partout les hauts faits retentissent,Voudra bien qu’avec moi ses descendants finissent,