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Tome second.
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PULCHÉRIE, ACTE Y, SCÈNE IV.

Que j’en sois la dernière, et ferme dignementD’un si grand empereur l’auguste monument.

Qu’on ne prétende plus que ma gloire s’exposeA laisser des césars du sang de Théodose.

Qu’ai-je affaire de race à me déshonorer,

Moi qui n’ai que trop vu ce sang dégénérer,

Et que, s’il est fécond en illustres princesses,

Dans les princes qu’il forme il n’a que des faiblesses?

Ce n’est pas que Léon, choisi pour souverain,Pour me rendre à mon rang n’eût obtenu ma main ;Mon amour, à ce prix, se fût rendu justice :

Mais, puisqu’on m’a sans lui nommée impératrice,Je dois à ce haut rang d’assez nobles projetsPour n’admettre en mon lit aucun de mes sujets.

Je neveux plus d’époux, mais il m’en faut une ombre,Qui des césars pour moi puisse grossir le nombre;Un mari qui, content d’être au-dessus des rois,

Me donne ses clartés, et dispense mes lois ;

Qui, n’étant en effet que mon premier ministre,Pare ce que sous moi l’on craindrait de sinistre,

Et, pour tenir en bride un peuple sans raison,Paraisse mon époux, et n’en ait que le nom.

Vous m’entendez, seigneur, etc’est assezvousdire.Prêtez-moi votre main, je vous donne l’empire :Éblouissons le peuple, et vivons entre nousComme s’il n’était point d’épouses ni d’époux.

Si ce n’est posséder l’objet de votre flamme,

C’est vous rendre du moins le maître de son dme,L’ôter à vos rivaux, vous mettre au-dessus d’eux,

Et de tous mes amants vous voir le plus heureux.

MARTIAN.

Madame...

PULCHÉRIE.

A vos hauts faits je dois ce grand salaire ;Et j’acquitte envers vous et l’État et mon frère.

MARTIAN.

Aurait-on jamais cru, madame?..

PULCHÉRIE.

Allez, seigneur,

Allez en plein sénat faire voir l’empereur.

11 demeure assemblé pour recevoir son maître :Allez-y de ma part vous faire reconnaître ;

Ou, si votre souhait ne répond pas au mien,

Faites grâce à mon sexe, et ne m’en dites rien.

MARTIAN.

Souffrez qu’à vos genoux, madame...

PULCHÉRIE.

Allez, vous dis-je :

Je m’oblige encor plus que je ne vous oblige;

Et mon cœur, qui vous vient d’ouvrir ses sentiments,N’en veut ni de refus ni de remercîments.

Faites rentrer Aspar.

SCÈNE IV.

PULCHÉRIE, ASPAR, JUSTINE.

PULCHÉRIE.

Que faites-vous d’Irène?

Quand l’épouserez-vous ? Ce mot vous fait-il peine?Vous ne répondez point !

ASPAR.

Non, madame, et je doiCe respect aux bontés que vous avez pour moi.

Qui se tait obéit.

PULCHÉRIE.

J’aime assez qu’on s’explique.

Les silences de cour ont de la politique.

Sitôt que nous parlons, qui consent applaudit,

Et c’est en se taisant que l’on nous contredit.

Le temps m’éclaircira de ce que je soupçonne.Cependant j’ai fait choix de l’époux qu’on m’ordonne.Léon vous faisait peine, et j’ai dompté l’amourPour vous donner un maître admiré dans la cour,Adoré dans l’armée, et que de cet empireLes plus fermes soutiens feraient gloire d’élire :C’est Martian.

ASPAR.

' Tout vieil et tout cassé qu’il est !

PULCHÉRIE.

Tout vieil et tout cassé je l’épouse; il me plaît.

J’ai mes raisons. Au reste il a besoin d’un gendreQui partage avec lui les soins qu’il lui faut prendre,Qui soutienne des ans penchés dans le tombeau,

Et qui porte sous lui la moitié du fardeau.

Qui jugeriez-vous propre à remplir cette place?

Une seconde fois vous paraissez de glace!

ASPAR.

Madame, Aréobinde et Procope tous deuxOnt engagé leur cœur et formé d’autres vœux :

Sans cela je dirais...

PULCHÉRIE.

Et sans cela moi-mêmeJ’élèverais Aspar à cet honneur suprême;

Mais, quand il serait homme à pouvoir aisémentRenoncer aux douceurs de son attachement,Justine n’aurait pas une âme assez hardiePour accepter un cœur noirci de perfidie,

Et vous regarderait comme un volage espritToujours prêt à donner où la fortune rit.

N’en savez-vous aucun de qui l’ardeur fidèle....

ASPAR.

Madame, vos bontés choisiront mieux pour elle ;Comme pour Martian elles nous ont surpris,

Elles sauront encor surprendre nos esprits.

Je vous laisse en résoudre.

PULCHÉRIE.

Allez ; et pour Irène