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SURENA, ACTE IV, SCÈNE I.
Plus dignes qu’un ingrat d’une si belle flamme.
PALMIS.
De ce que j’aime encore ce serait m’éloigner,
Et me faire un exil sous ombre de régner.
Je veux toujours le voir, cet ingrat qui me tue,
Ron pour le triste bien de jouir de sa vue;
Dette fausse douceur est au-dessous de moi,
Et ne vaudra jamais que je néglige un roi.
Mais il est des plaisirs qu’une amante trahieDoûte au milieu des maux qui lui coûtent la vie.
Je verrai l’infidèle inquiet, alarmé
D’un rival inconnu, mais ardemment aimé,
Rencontrer à mes yeux sa peine dans son crime,
Par les mains de l’hymen devenir ma victime,
Et ne me regarder, dans ce chagrin profond,
Que le remords en l’âme, et la rougeur au front.
De mes bontés pour lui l’impitoyable image,Qu’imprimera l’amour sur mon pâle visage,
Insultera son cœur; et dans nos entretiensMes pleurs et mes soupirs rappelleront les siens,
Mais qui ne serviront qu’à lui faire connaîtreQu’il pouvait être heureux et ne saurait plus l’être ;Qu’à lui faire trop tard haïr son peu de foi,
Èt, pour tout dire ensemble, avoir regret à moi.
Voilà tous le bonheur où mon amour aspire;
^oilà contre un ingrat tout ce que je conspire ;
' °*là tous les plaisirs que j’espère à le voir,
Et tous les sentiments que vous vouliez savoir.
ORODE.
D’est bien traiter les rois en personnes communesQu’attacher à leur rang ces gênes importunes,Domme si, pour vous plaire et les inquiéter,
Dans le trône avec eux l’amour pouvait monter.
D nous faut un hymen, pour nous donner des princesQui soient l’appui du sceptre et l’espoir des provinces;D est là qu’est notre force ; et, dans nos grands des-r“ e m anque de vengeurs enhardit les mutins, [tins,~ u reste, en ces grands nœuds l’État qui s’intéresseT erme l’œil aux attraits et l’âme à la tendresse :
~ a seule politique est ce qui nous émeut ;
Un la suit, et l’amour s’y mêle comme il peut : [Je.
S’il
v *ent, on l’applaudit ; s’il manque, on s’en conso-
No u .
est dont vous pouvez croire un roi sur sa parole.
Ni
Ne
s ne sommes point faits pour devenir jaloux,
Pour être en souci si le cœur est à nous.v °us repaissez plus de ces vaines chimères,
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Qui ne font les plaisirs que des âmes vulgaires,ladame ; et, que le prince ait ou non à souffrir,cceptez un des rois que je puis vous offrir.
^ PALMIS.
ardonnez-moi, seigneur, si mon âme alarméer ev eut point de ces rois dont on n’est point aimée,■ai cru l’être du prince, et l’ai trouvé si doux,
Q Ue le souvenir seul m’en plaît plus qu'un époux.corneille. — tome il
obode.
N’en parlons plus, madame; et dites à ce frèreQui vous est aussi cher que vous me seriez chère,Que parmi ses respects il n’a que trop marqué...PALMIS.
Quoi, seigneur ?
ORODE.
Avec lui je crois m’être expliqué.Qu’il y pense, madame. Adieu.
palmis, seule.
Quel triste augure !
Et que ne me dit point cette menace obscure !Sauvez ces deux amants, ô ciel ! et détournezLes soupçons que leurs feux peuvent avoir donnés.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
EURYDICE, ORMÈNE.
ORMÈNE.
Oui, votre intelligence à demi découverteMet votre Suréna sur le bord de sa perte.
Je l’ai su de Sillace; et j’ai lieu de douterQu’il n’ait, s’il faut tout dire, ordre de l’arrêter.
EURYDICE.
On n’oserait Orinène; on n’oserait.
ORMÈNE.
• Madame,
Croyez-en un peu moins votre fermeté d’âme.
Un héros arrêté n’a que deux bras à lui,
Et souvent trop de gloire est un débile appui.
EURYDICE.
Je sais que le mérite est sujet à l’envie,
Que son chagrin s’attache à la plus belle vie.
Mais sur quelle apparence oses-tu présumerQu’on pourrait...
ORMÈNE.
Il vous aime, et s’en est fait aimer.
EURYDICE. 1
Qui l’a dit ?
ORMÈNE.
Vous et lui, c’est son crime et le vôtre.
Il refuse Mandane, et n’en veut aucune autre ;
On sait que vous aimez ; on ignore l’amant :
Madame, tout cela parle trop clairement.
EURYDICE.
Ce sont de vains soupçons qu’avec moi tu hasardes.
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