PSYCHÉ, ACTE I, SCÈNE V.
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Le tort qu’à l’autre je ferais.
Oui, tous deux vous brillez detrop de grandeur d’âmePour en faire aucun malheureux ;
Et vous devez chercher dans l’amoureuse flammeLe moyen d’être heureux tous deux.
Si votre cœur me considèreAssez pour me souffrir de disposer de vous, •
J’ai deux sœurs capables de plaire,
Qui peuvent bien vous faire un destin assez doux ;kt l’amitié me rend leur personne assez chèrePour vous souhaiter leurs époux.
CLÉOMÈNE.
Un cœur dont l’amour est extrêmePeut-il bien consentir, hélas !
L’être donné par ce qu’il aime?nos deux cœurs, madame, à vos divins appasNous donnons un pouvoir suprême :Disposez-en pour le trépas ;
Mais pour une autre que vous-mêmeAyez cette bonté de n’en disposer pas.
AGÉXOR.
Aux princesses, madame, on ferait trop d’outrage;Èt c’est pour leurs attraits un indigne partageQue les restes d’une autre ardeur,faut d’un premier feu la pureté flèlePour aspirer à cet honneurOu votre bonté nous appelle ;
Et chacune mérite un cœurQui n’ait soupiré que pour elle.
AGLAURE.
H me semble, sans nul courroux,
Qu’avant que de vous en défendre,r *nces, vous deviez bien attendreQu’on se fût expliqué sur vous.
'° us croyez-vous un cœur si facile et si tendre?lorsqu’on parle ici de vous donner à nous,Savez-vous si l’on veut vous prendre?
CYDtPPE.
N.
Je
Pense que l’on a d’assez hauts sentiments
Pour refuser un cœur qu’il faut qu’on sollicite,flu’on ne veut devoir qu’à son propre mériteLa conquête de ses amants.
PSYCHÉ.
ai cru pour vous, mes sœurs, une gloire assez grandeS'la possession d’un mérite si haut...
SCÈNE IV.
^yché, AGLAURE, CYDIPPE, CLÉOMÈNE,AGÉNOR, LYCAS.
lycas , à Psyché.
Ah
> oiadame !
LYCAS.
Le roi.
PSYCHÉ
LYCAS.
Quoi?
Vous demande.
PSYCHÉ.
De ce trouble si grand que faut-il que j’attende ?
LYCAS.
Vous ne le saurez que trop tôt.
PSYCHÉ.
Hélas ! que pour le roi tu me donnes à craindre !
lycas. [plaindre.
Ne craignez que pour vous, c’est vous que l’on doit
PSYCHÉ.
C’est pour louer le ciel, et me voir hors d’effroi,
De savoir que je n’ai à craindre que pour moi.
Mais apprends-moi, Lycas, le sujet qui te touche.
LY'CAS.
Souffrez que j’obéisse à qui m’envoie ici,
Madame, et qu’on vous laisse apprendre de sa boucheCe qui peut m’affliger ainsi.
PSYCHÉ.
Allons savoir sur quoi l’on craint tant ma faiblesse.
SCÈNE V.
AGLAURE, CYDIPPE, LYCAS.
AGLAUBE.
Si ton ordre n’est pas jusqu’à nous étendu,Dis-nousquel grand malheurnouscouvreta tristesse.
LYCAS. J
Hélas! ce grand malheur dans la cour répandu,Voyez-le vous-même, princesse,
Dans l’oracle qu’au roi les destins ont rendu.
Voici ses propres mots que la douleur, madame,
A gravés au fond de mon âme :
« Que l’on ne pense nullement« A vouloir de Psyché conclure l’hyménée :
« Mais qu’au sommet d’un mont elle soit prompte-« En pompe funèbre menée ; [ ment
« Et que, de tous abandonnée,
« Pour époux elle attende en ces lieux constamment« Un monstre dont on a la vue empoisonnée,
« Un serpent qui répand son venin en tous lieux,
« Et trouble dans sa rage et la terre et les deux. »Après un arrêt si sévère
Je vous quitte, et vous laisse à juger entre vousSi, par de plus cruels et plus sensibles coups,
Tous les dieux nous pouvaient expliquer leur colère.
PSYCHE.
Qu’as-tu?
eORXlilI.LF.. — TOME 11.