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Tome second.
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PSYCHÉ, ACTE 111, SCÈNE I.

A qui le sacrilège indignement vous livre,

Un amour qu a le ciel choisi, pour défenseurDe la seule beauté pour qui nous voulons vivre.

Si nous n’osons prétendre à sa possession,

Du moins en son péril permettez-nous de suivreL’ardeur et les devoirs de notre passion. ■

PSYCHÉ.

Portez-les à d’autres moi-mômes,

Princes, portez-les à mes sœurs,

Ces devoirs, ces ardeurs extrêmes,

Dont pour moi sont remplis vos cœurs :

Vivez pour elles quand je meurs.

Plaignez de mon destin les funestes rigueurs,

Sans leur donner en vous de nouvelles matières.

Ce sont mes volontés dernières;

Et l’on a reçu de tout tempsPour souveraines lois les ordres des mourants.

CLÉOMENE.

Princesse...

PSYCHÉ.

Encore un coup, princes, vivez pour elles.Tant que vous m’aimerez, vous devez m’obéir :

Ke me réduisez pas à vouloir vous haïr,

Et vous regarder en rebellesA force de m’étre fidèles.

Allez, laissez-moi seule expirer en ce lieuOù je n’ai plus de voix que pour vous dire adieu.

Mais je sens qu’on m’enlève, et l’air m’ouvre une routeD’où vous n’entendrez plus cette mourante voix.Adieu, princes, adieu pour la dernière fois.

Voyez si de mon sort vous pouvez être en doute.

( Elle est enlevée en l’air par deux zcphlres. )

AGÉNOIÎ.

Nous la perdons de vue. Allons tous deux chercherSur le faîte de ce rocher,

Prince, les moyens de la suivre.

CLÉOMÈNE.

Allons-y chercher ceux de ne lui point survivre.

SCÈNE V.

L’AMOUR, en l’air.

Allez mourir, rivaux d’un dieu jaloux,

Dont vous méritez le courrouxPour avoir eu le cœur sensible aux mêmes charmes.Et toi, forge, Vulcain, mille brillants attraitsPour orner un palais

Où l’Amour de Psyché veut essuyer les larmes,

Et lui rendre les armes.

SECOND INTERMÈDE.

La scène se change en une cour magnifique ornéede colonnes de lapis enrichies de figures d’or, quiforment un palais pompeux et brillant que l’Amourdestine pour Psyché. Six cyclopes avec quatre féesy font une entrée de ballet, où ils achèvent en ca-dence quatre gros vases d’argent que les fées leur ontapportés. Cette entrée est entrecoupée par ce récit deVulcain, qu’il fait à deux reprises :

Dépêchez, préparez ces lieux

Pour le plus aimable des dieux ;

Que chacun pour lui s’intéresse.

N’oubliez rien des soins qu’il faut :

Quand l’Amour presse,

On n’a jamais fuit assez têt.

L’amour ne veut point qu’on diffère :

Travaillez, hâtez-vous,

Frappez, redoublez vos coups ;

Que l’ardeur de lui plaire

Fasse vos soins les plus doux.

SECOND COUPLET.

Servez bion un dieu si charmant;

II se plaît dans l’empressement;

Que chacun pour lui s’intéresse.

N’oubliez rien des soins qu’il faut :

Quand l’Amour presse,

Ou n’a jamais fait assez têt.

L’amour ne veut point qu’on diffère :

Travaillez, etc.

ACTE TROISIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

L’AMOUR, ZÉPIIIRE.

ZÉFIUHK.

Oui, je me suis galamment acquittéDe la commission que vous m’avez donnée;

Et, du haut du rocher, je l’ai, cette beauté,

Par le milieu des airs, doucement amenéeDans ce beau palais enchanté,

Où vous pouvez en libertéDisposer de sa destinée.

Mais vous me surprenez par ce grand changementQu’en votre personne vous faites :

Cette taille, ces traits, et cet ajustement,

Cachent tout à fait qui vous êtes ;