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Tome second.
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PSYCHÉ, ACTE Y, SCÈNE I.

Vous avez bien fait plus ; votre humeur arrogante,

Sur le mépris de mille rois,

Jusques aux cieux a porté de son choixL’ambition extravagante.

psyché.

•l’aurais porté mon choix, déesse, jusqu’aux cieux ?

VÉNUS.

Votre insolence est sans seconde.

Dédaigner tous les rois du monde,

N’est ce pas aspirer aux dieux ?

PSYCHÉ.

Si l’Amour pour eux tous m’avait endurci l’âme,

Et me réservait toute à lui,

En puis-je être coupable? et faut-il qu’aujourd’hui,

Pour prix d’une si belle flamme,

Vous vouliez m’accabler d’un éternel ennui?

VÉNUS.

Psyché vous deviez mieux connaîtreQui vous étiez, et quel était ce dieu.

PSYCHÉ.

Èt m’en a-t-il donné ni le temps ni le lieu,

Èui qui de tout mon cœur d’abord s’est rendu maître ?

VÉNUS.

Tout votre cœur s’en est laissé charmer,vous l’avez aimé dès qu’il vous a dit : J’aime.

PSYCHÉ.

* °uvais-je n’aimer pas le dieu qui fait aimer,

Et qui me parlait pour lui-même?

E est votre fils ; vous savez son pouvoir;

Vous en connaissez le mérite.

VÉNUS.

c’est mon fils; mais un fils qui m’irrite;qui me rend mal ce qu’il sait me devoir;En fils qui fait qu’on m'abandonne,

Hui, pour mieux flatter ses indignes amours,

OuiUn fils

Et

'| e l'uis que vous l’aimez ne blesse plus personne’ Qni vienne à mes autels implorer mon secours.Vous m'en avez fait un rebelle.

"m’enverra vengée, et hautement, sur vous;1,1 î e vous apprendrai s’il faut qu’une mortelleSouffre qu’un dieu soupire à ses genoux.Ulv ez-moi; vous verrez, par votre expérience,A quelle folle confiancey Vous portait cette ambition.eriez j et préparez autant de patienceQu’on vous voit de présomption.

Quatrième intermède.

toup 3 S , c ® ne représente les enfers. On y voit une mer

a "? te de feu, dont les flots sont dans une perpétueileJ>. "tion. Cette mer effroyable est bornée par desnes enflammées; et au milieu de ses flots agités,

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au travers d’une gueule affreuse, paraît le palais in-fernal de Pluton. Huit Furies en sortent, et formentune entrée de ballet, où elles se réjouissent de la ragequ’elles ont allumée dans l'âme de la plus douce desdivinités. Un Lutin mêle quantité de sauts périlleuxà leurs danses, cependant que Psyché, qui a passéaux enfers par le commandement de Vénus, repassedans la barque de Caron avec la boîte qu’elle a re-çue de Proserpine pour cette déesse.

ACTE CINQUIÈME.

SCENE PREMIERE.

PSYCHÉ.

Effroyables replis des ondes infernales,

Noirs palais où Mégère et ses sœurs font leur cour,Éternels ennemis du jour,

Parmi vos Ixions et parmi vos Tantales,

Parmi tant de tourments qui n’ont point d’intervalles,Est-il dans votre affreux séjourQuelques peines qui soient égalesAux travaux où Vénus condamne mon amour?

Elle n’en peut être assouvie;

Et depuis qu’à ses lois je me trouve asservie,

Depuis qu’elle me livre à ses ressentiments,

Il m’a fallu dans ces cruels momentsPlus d’une âme et plus d’une viePour remplir ses commandements^

Je souffrirais tout avec joie,

Si, parmi les rigueurs que sa haine déploie,

Mes yeux pouvaient revoir, ne fùt-ce qu’un moment,Ce cher, cet adorable amant.

Je n’ose le nommer : ma bouche, criminelleD’avôir trop exigé de lui,

S’en est rendue indigne ; et, dans ce dur ennui,

La souffrance la plus mortelleDont m’accable à toute heure un renaissant trépas,Est celle de ne le voir pas.

Si son courroux durait encore,

Jamais aucun malheur n’approcherait du ftiien ;

Mais s’il avait pitié d’une âme qui l’adore,

Quoi qu’il faillit souffrir, je ne souffrirais rien.

Oui, destins, s’il calmait cette juste colère,

Tous mes malheurs seraient finis :

Pour me rendre insensible aux fureurs de la mère,

11 ne faut qu’un regard du fils.

Je n’en veux plus douter, il partage ma peine :

Il voit ce que je souffre et souffre comme moi ;

Tout ce que j’endure le gêne;