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PSYCHE, CINQUIÈME INTERMÈDE.
En faveur d’une autre se passe.
Jupiter, qui paraît, va juger entre nousDe mes emportements et de votre courroux.
( Après quelques éclairs etroulements de tonnerre,Jupiter parait en l'air,sur son aigle. )
SCÈNE VI.
JUPITER, VÉNUS, L’AMOUR, PSYCHÉévanouie.
l’amour.
Vous à qui seul tout est possible, '
Père des dieux, souverain des mortels,
Fléchissez la rigueur d’une mère inflexible,
Qui sans moi n’aurait point d’autels.
J ai pleuré, j’ai prié, je soupire, menace,
Et perds menaces et soupirs.
Èlle ne veut pas voir que de mes déplaisirsdépend du monde entier l’heureuse ou triste face,
Et que si Psyché perd le jour,
S* Psyché n’est à moi, je ne suis plus l’Amour.
^ u > > je romprai mon arc, je briserai mes flèches,J’éteindrai jusqu’à mon flambeau,laisserai languir la nature au tombeau ;i si je daigne aux cœurs faire encor quelques brè-^ Vec ces pointes d’or qui me font obéir, [ches
e vous blesserai tous là-haut pour des mortelles,
Et ne décocherai sur ellesQ u e des traits émoussés qui forcent à haïr,
Et qui ne font que des rebelles,
Des ingrates, et des cruelles.
Par quelle tyrannique loi
Dendrai-je à vous servir mes armes toujours prêtes ,5’.*' Vot *s ferai-je à tous conquêtes sur conquêtes,
1 vous me défendez d’en faire une pour moi ?Jupiter, à Vénus.
Ma fille , sois-lui moins sévère.u tiens de sa Psyché le destin en tes mains ;a Parque. au moindre mot, va suivre ta colère ;ar le, et laisse-toi vaincre aux tendresses de mère,u redoute un courroux que moi-même je crains.
Veux-tu donner le monde en proiela haine, au désordre, a la confusion ;
Et d’un dieu d’union,p P un dieu de douceurs et de joie,aire un dieu d’amertume et de division ?
Et .^ ons ‘rï® re ce ( l ue nous somines i
Sl les passions doivent nous dominer :
Plus la vengeance a de quoi plaire aux hommes,
Us d sied bien aux dieux de pardonner.
VÉNUS.
Je pardonne à ce fils rebelle,luis voulez-vous qu’il me soit reproché
Qu’une misérable mortelle,
L’objet de mon courroux, l’orgueilleuse Psyché,Sous ombre qu’elle est un peu belle,
Par un hymen dont jerougisSouille mon alliance et le lit de mon fils?
JUPITER.
Et bien ! je la fais immortelle,
Afin d’y rendre tout égal.
VÉNUS.
Je n’ai plus de mépris ni de haine pour elle,
Et l’admets à l’honneur de ce nœud conjugal.
Psyché, reprenez la lumièrePour ne la reperdre jamais.
Jupiter a fait votre paix,
Et je quitte cette humeur fièreQui s’opposait à vos souhaits.psyché , sortant de son évanouissement.
C’est donc vous, ô grande déesse,
Qui redonnez la vie à ce cœur innocent!
VÉNUS.
Jupiter vous fait grâce, et ma colère cesse.
Vivez, Vénus l’ordonne; aimez, elle y consent.psyché , à l’Amour.
Je vous revois enfin, cher objet de ma flamme !l ’ amour , à Psyché.
Je vous possède enfin , délices de mon âme !
JUPITER.
Venez, amants, venez aux deuxAchever un si grand et si digne hyménée.
Viens-y, belle Psyché, changer de destinée ;
Viens prendre place au rang des dieux.
CINQUIÈME INTERMÈDE.
Deux grandes machines descendent aux deux cô-tés de Jupiter, cependant qu’il dit ces derniers vers.Vénus avec sa suite monte dans l’une, l’Amour avecPsyché dans l’autre, et tous ensemble remontent auciel.
Les divinités, qui avaient été partagées entreVénus et son fils, se réunissent en les voyant d’ac-cord; et toutes ensemble, par des concerts, deschants, et des danses, célèbrent la fête des noces del’Amour.
Apollon paraît le premier, et, comme dieu del’harmonie, commence à chanter, pour inviter lesautres dieux à se réjouir.
RÉCIT D’xrOLLON.
Unissons-nous, troupe immortelle;
Le dieu d’amour devient heureux amant,
Et Vénus a repris sa douceur naturelleEn faveur d’un fils si charmant :
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