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Tome second.
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LIVRE II,

Ils vivent retirés et sortent rarement,Grossièrement vêtus et nourris pauvrement,Travaillent sans relâche ainsi que sans murmure,Parlent peu, dorment peu, se lèvent du matin,Prolongent l’oraison, prolongent la lecture,

Pt sous ces dures lois font une douce fin.

Pois ces grands escadrons d’âmes laborieuses,

Pois l’ordre des C.hartreux, vois celui de Cîteaux,Pois tout autour de toi mille sacrés troupeauxPt de religieux et de religieuses ;

Pois comme chaque nuit ils rompent le sommeil,

Pt n’attendent jamais le retour du soleilPour envoyer à Dieu l’encens de ses louanges :

P te serait honteux d’avoir quelque lenteurP'ors que sur la terre un si grand nombre d’anges® unit à ceux du ciel pour bénir leur auteur.

Gh ! si nous pouvions vivre et n’avoir rien à faireQu’à dissiper en nous cette infâme langueur,

Qu’à louer ce grand Maître et de bouche et de cœur,® a ns que rien de plus bas nous devînt nécessaire !Dh! si l’âme chrétienne et ses plus saints transports^ étaient point asservis aux faiblesses du corps ;^_ux besoins de dormir, de manger et de boire!

1 tien n’interrompait un soin continuel

e publier de Dieu les bontés et la gloire,

Etd’- .

avancer l’esprit dans le spirituel !

Q Ue nous serions heureux ! qu’un an, un jour, une°us ferait bien goûter plus de félicité [heure,

J*ue les siècles entiers de la captivitéQ u nous réduit la chair dans sa triste demeure !

Dieu ! pourquoi faut-il que ces infirmités ;^journaliers tributs, soient des nécessitésp° Ur tes vivants portraits qu’illumine ta flamme?^°urquoi pour subsister sur ce lourd élémentau Mld’autres repas que les repas de l’âme?

° Ur <luoi les goûtons-nous, ô Dieu! si rarement?

Q^and l’homme se possèdent que les créaturesç, 0n f aucunes douceurs qui puissent l'arrêter,ç^ es t alors que sans peine il commence à goûternibi en le Créateur est doux aux âmes pures;jj ° rs iquoi qu’il arrive ou de bien ou de mal,

P l,; to ujours content, et d’un visage égalj , le Çoit la mauvaise et la bonne fortune ;

^ Abondance sur lui tombe sans l’émouvoir,p a [!;' uvreté pour lui n’est jamais importune,gloire et le mépris n’ont qu’un même pouvoir.

entièrement en Dieu qu’il se repose,jv ' eu i sa confiance et son unique appui,

leu , qu’il voit partout, en soi-même, en autrui,

CHAPITRE I. - 34

En Dieu pour qui son âme est tout en toute chose.Où qu’il soit, quoi qu’il fasse, il redoute, il chéritCet Être universel à qui rien ne périt,

Et dans qui tout conserve une immortelle vie,

Qui ne connaît jamais diversité de temps

Et dont la voix sitôt de l’effet est suivie

Que dire et faire en lui ne sont point deux instants.

Toi qui, bien que mortel, inconstant, misérable,Peux avec son secours aisément te sauver,Souviens-toi de la fin où tu dois arriver,

Et que le temps perdu n’est jamais réparable.

Va, cours, vole sans cesse aux emplois fructueux;Cette sainte chaleur qui fait les vertueuxVeut des soins assidus et de la diligence;

Et du moment fatal que ton manque d’ardeurT’osera relâcher à quelque négligence,

Mille peines suivront ce moment de tiédeur.

Que si dans un beau feu ton âme persévère,

Tu n’auras plus à craindre aucun funeste assaut,Et l’amour des vertus joint aux grâces d’en hautRendra de jour en jour ta peine plus légère.

Le zèle et la ferveur peuvent nous préparerA quoi qu’en cette vie il nous faille endurer;

Ils sèment des douceurs au milieu des supplices :Mais, ne t’y trompe pas, il faut d’autres efforts,

Il en faut de plus grands à résister aux vices,

A se dompter l’esprit, qu’à se gêner le corps.

L’âme aux petits défauts souvent abandonnéeEn de plus dangereux se laisse bientôt choir,

Et la parfaite joie arrive avec le soirChez qui sait avec fruit employer la journée.

Veille donc sur toi-même et sur tes appétits,

Excite, échauffe-toi toi-même, et t’avertis ;

Quoi qu’il en soit d’autrui, jamais ne te néglige ;Gêne-toi, force-toi, change de bien en mieux ;

Plus se fait violence un cœur qui se corrige,

Plus son progrès va haut dans la route des cieux.

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LIVRE SECOND.

CHAPITRE PREMIER.

DE LA CONVERSATION INTÉ1UEUHE.

« Sachez que mon royaume est au dedans de vous, »Dit le céleste ÉpouxAux âmes de ses chers fidèles :

Elève donc la tienne où l’appelle sa voix,