POÉSIES DIVERSES.
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Forcent les bastions, brisent les boulevards,
Il vous rend cette main qui lance le tonnerre;
Et quand vous lui portez des secours pour la guerre,Qu’à tout donner pour lui vous vous montrez toutIl vousrend et vos dons, et d’heureux intérêts. [ prêts,Ainsi quand du soleil la course rayonnanteFait rouler dans les eieux sa pompe dominante,
Qu’en maître souverain de ce brillant séjourIl règle les saisons et dispense le jour,
Il ne dédaigne point d’épandre ses lumièresSur les sables déserts et les tristes bruyères,
Et, sans que pour régner il veuille aucun appui,
II aime à voir l’amour que la terre a pour lui.
La terre qui l’adore exhale des nuagesQui du milieu des airs lui rendent ses hommages ;Mais il n’attire à lui cette semence d’eauxQue pour la distiller en de féconds ruisseaux,
Et de tous les présents que lui fait la natureII n’en reçoit aucun sans rendre avec usure.
O vous, célèbre corps, à qui de l’universTous les bords sont connus et tous les ports ouverts ;Vous, par qui les trésors des plus heureuses plagesViennent de notre France enrichir les rivages,
Oyez ce qu’au milieu du bruit de cent canonsVotre grand roi prononce en faveur de vos dons,
Ce qu’en votre faveur la muse me révèle !
Peuples, dit ce héros, je connais votre zèle,
J’en aime les efforts, et dans tout l’avenirJ’en saurai conserver l’amoureux souvenir;
Vous n’avez que trop vu ce qu’ose l’Allemagne,
Ce que fait la Hollande, et qu’a tramé l’Espagne,
Ce que leur union attente contre moi.
Plus l’attentat est grand, plus grande est votre foi,Et vous n’attendez point que je vous fasse direComme il faut soutenir ma gloire et mon empire;Vous courez au-devant, et prodiguez vos biensPour en mettre en mes mains les plus aisés moyens ;C’est votre seul devoir qui pour moi s’intéresse,
C’est votre pur amour qui pour moi vous en presse :Je le vois avec joie. A ces mots ce vainqueur,
Sur son peuple en vrai père épanchant son grand cœur,Fait prendre ces présents, qu’un léger intervalleRenvoie accompagnés de sa bonté royale.
C’est assez, poursuit-il, d’avoir vu votre amour;
La tendresse du mien veut agir à son tour.
Pour rendre cette guerre à ses auteurs funeste,Sujets dignes de moi, j’ai des trésors de reste ;
J’en ai de plus sûrs même et de beaucoup plus grandsQue ceux que vous m’offrez, que ceux que je vous rends ;J’ai le fond de vos cœurs et c’est de quoi suffireAux plus rares exploits où mon courage aspire :
C’est aux ordres d’un roi ce qui donne le poids,
C’est là qu’est le trésor, qu’est la force des rois.Reprenez ces présents dont l’offre m'est si chère;
Si je les ai reçus, c’est en dépositaire,
Et je saurai sans eux dissiper les complotsQue la triple alliance oppose à mon repos.
Ce fruit de vos travaux destiné pour la guerre,
Ces tributs que vous font et la mer et la terre,
Votre amour, votre ardeur à servir mes desseins,
Les rend assez à moi tant qu’ils sont en vos mains,Mes troupes, par moi-même au péril animés,Renverseront sans eux les murs et les armées,
J’en ai la certitude; et de vous je ne veuxAucun autre secours que celui de vos vœux ;Offrez-les sans relâche au grand Dieu des batailles,Tandis que mes canons foudroieront les murailles,Et devant ses autels, prosternés à genoux,Invoquez-le pour moi, je combattrai pour vous.
Là se tait le monarque, et sûr de ses conquêtes,
Aux triomphes nouveaux, il tient ses armes prêtes.Cet éclat surprenant de magnanimitéPar la nymphe à cent voix en tous lieux est porté.Que de ravissements suivent cette nouvelle!
Colbert y met le comble en ministre fidèle :
Ce grand homme sous lui, maître de ses trésors,Mande par ordre exprès ce grand et nombreux corps,Le force d’admirer des bontés sans mesure,
Et remet en ses mains ses dons avec usure, [ments,De là ces doux transports, ces prompts frémisse-Qui poussent jusqu’au ciel mille applaudissements,CeS vœux si redoublés qui hâtent sa victoire,
Ces titres par avance élevés à sa gloire.
On voit Paris en foule accourir aux autels,
Implorer le grand Maître, et tous les immortels;
Ses temples sont ornés, des lumières sans nombreY redoublent le jour, y fon t des nuits sans ombre :Son prélat donne l’ordre, et par un saint emploiRépond aux dignités dont Thonore son roi.
L’effet suit tant de vœux ; les plus puissantes ville*Semblent n’avoir pour nous que des remparts fragiles ;On les perce, on les brise, on écrase les forts :
Il y pleut mille feux, il y pleut mille morts.
Les fleuves, les rochers, ne sont que vains obstacles.Notre camp à tout heure est fertile en miracles ;
Et l’exemple d’un roi qui se mêle aux dangers,Enflant le cœur aux siens, l’abat aux étrangers.Besançon voit bientôt sa citadelle en poudre,
Dole avertit Salins de ce que peut sa foudre :
Et toute la Comté, pour la seconde fois,
Rentre sous l’heureux joug du plus juste des rois.Mais ce n’est encor rien ; et tant de murs par terreN’étalent aux regards que l’essai d’une guerreOù le manque de foi, qu’il commence à punir,
Voit le prélude affreux d’un plus rude avenir.
Généreux citoyens de cette immense ville,
A qui par ce grand roi tout commerce est facile,Vous qui ne trouvez point de bords si peu connus