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POÉSIES DIVERSES.
Où son illustre nom ne vous ait prévenus ;
Si vous n’exposez point de sang pour sa victoire,
Vos cœurs, vos dons, vos vœux ont du moins cette gloi-Que votre exemple montre au reste des sujets [reComme il faut d’un tel prince appuyer les projets.Plus à ses ennemis il fait craindre ses armes,
Plus lapaix qu’il souhaite aura pour vous de charmes.Ce sera, peuple, alors que par d’autres vertusSes lois triompheront des vices abattus ;
Chaque jour, chaque instant lui fournira matièreA déployer sur vous sa bonté tout entière ;
Les malheurs que la guerre aura trop fait durer,Cette même bonté saura les réparer.
Pour augure certain, pour assuré présage, [ge ;Danscesdons qu’il vous rend ilvous en donne un ga-Pt si jamais le ciel remplit ce doux souhait,
Vous voyez son amour, vous en verrez l’effet.
Présenté par les Gardes des Marchandsde la ville de Paris.
LXIII.
AU ROI.
Suit CINNA, POMPÉE, HOU ACE , SERTORIUS, ŒDIPE,KODOGüNE, QU’IL A FAIT REPRÉSENTER DE SUITEDEVANT LUI A VERSAILLES, EN OCTOBRE 167G.
Ramènerait bientôt et peuple et cour vers moi !
Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes,Telbouillonnaitencorsonvieux sangdans ses veines,Diraient-ils à l’envi, lorsque OEdipe aux aboisDe ses juges pour lui gagna toutes les voix.
Je n’irai pas si loin ; et si mes quinze lustresFont encor quelque peine aux modernes illustres,
S’il en est de fâcheux jusqu’à s’en chagriner,
Je n’aurai pas longtemps à les importuner.
Quoi queje m’en promette, ils n’en ont rien à craindre :C’est le dernier éclat d’un feu prêt à s’éteindre ;
Sur le point d’expirer il tâche d’éblouir,
Et ne frappe les yeux que pour s’évanouir.
Souffre, quoi qu’il en soit, que mon âme ravieTe consacre le peu qui me reste de vie :
L’offre n’est pas bien grande, et le moindre momentPeut dispenser mes vœux de l’accomplissement.Préviens ce dur moment par des ordres propices ;Compte mes bons désirs comme autant de services.
Je sers depuis douze ans, mais c’est par d’autres brasQueje verse pour toi du sang dans nos combats :
J’en pleure encore un fils 1 , ettremblerai pour l’autreTant que Mars troublera ton repos et le nôtre :
Mes frayeurs cesseront enlin par cette paixQui fait de tant d’États les plus ardents souhaits.Cependant, s’il est vrai que mon service plaise,
Sire, un bon mot, de grâce, au père de la Chaise *.
Cst-il vrai, grand monarque, et puis-je me vanterQue tu prennes plaisir à me ressusciter,
Qu’au boutde quarante ans, Cinna, Pompée, HoraceReviennent à la mode, et retrouvent leur place,
RI que l’heureux brillant de mes jeunes rivaux’ ote point leur vieux lustre âmes premiers travaux?
Achève : les derniers n’ont rien qui dégénère,
R ,etl qui les fasse croire enfants d’un autre père ;
s ont des malheureux étouffés au berceau,
Qu un seul de tes regards tirerait du tombeau.
R n voit Sertorius, OEdipe, et Rodogune,
Rétablis par ton choix dans toute leur fortune ;
A ce choix montrerait qu’Othon et Surénae sont pas des cadets indignes de Cinna.
' ophonisbe à son tour, Attila, Pulchérie,Reprendraient pour te plaire une seconde vie;gesilas en foule aurait des spectateurs,
1 Bérénice enfin trouverait des acteurs.e Peuple, je l’avoue, et la cour, les dégradent ;p Buldis, ou du moins ils se le persuadent,ourbien écrire encore j’ai trop longtemps écrit :Ma ,eS r ' C * eS f ront P assent jusqu’à l’esprit,g. ls contre cet abus que j’aurais de suffrages,u donnais les tiens à mes derniers ouvrages!uc tant de bonté l’impérieuse loi
LXIV.
AU ROI.
Plaise au roi ne plus oublierQu’il m’a depuis quatre ans promis un bénéfice 1 ,Et qu’il avait chargé le feu père FerrierDe choisir un moment propice,
Qui pût me donner lieu de l’en remercier :
Le père est mort, mais j’ose croireQue si toujours Sa MajestéAvait pour moi même bonté,
Le père de la Chaise aurait plus de mémoire,
Et le ferait mieux souvenirQu’un grand roi ne promet que ce qu’il veut tenir.
1 Un des iils de Corneille se trouva au passage du Rhin, etfut tué dans une sortie, au siège de Grave, en 1674.11 servaildans les armées du roi, en qualité de lieutenant de cavalerie.
2 Confesseur du roi, qui avait la feuille des bénéfices.
3 Vers l’année 1080, le roi gratiiia un des fils de Corneille del’abbaye d’Aiguevive, près de Tours.