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POEMES SUR LES VICTOIRES DU ROI.
Marche incertain des lieux où l’on veut son emploi,Mais assuré de vaincre où l’emploiera son roi.
Le jour à peine luit que le Rhin se rencontre ;Tholus frappe les yeux; le fort de Skeink se montre :On s’apprête au passage, on dresse les pontons;
Vers la rive opposée on pointe les canons.
La frayeur que répand cette troupe guerrièrePrend les devants sur elle, et passe la première ;
Le tumulte à la suite et sa confusionEntraînent le désordre et la division.
La discorde effarée à ces monstres préside,S’empareau fort de Skeink des cœurs qu’elle intimide,Et d’un cor enroué fait sonner en ces lieuxLa fureur des Français et le courroux des deux,Leur étale des fers, et la mort préparée,
Et des autels brisés la vengeance assurée.
La vague au pied des murs à peine ose frapper,
Que le fleuve alarmé ne sait où s’échapper ;
Sur le point de se fendre, il se retient, et douteOu du Rhin ou du Whal s’il doit prendre la route.
Les tremblements de l’île ouvrant jusqu’aux enfers( Ecoute, Renommée, et répète mes vers ),
Le grand nom de Louis et son illustre vieAux champs élysiens font descendre l’Envie,
Qui pénètre à tel point les mânes des héros,
Que, pour s’en éclaircir, ils quittent leur repos.
On voit errer partout ces ombres redoutablesQu’arrêtèrent jadis ces bords impénétrables :
Drusus marche à leur tête, et se poste au fosséQue pour joindre l’Yssel au Rhin il a tracé ;
Varus le suit tout pâle, et semble dans ces plainesChercher le reste affreux des légions romaines ;
Son vengeur, après lui, le grand Germanicus, [eus :Vient voir comme on vaincra ceux qu’il n’a pas vain-Le fameux Jean d’Autriche et le cruel Tolède,
Sous qui des maux si grands crûrent par leur remède ;L’invincible Farnèse et les vaillants Nassaus,
Fiers d’avoir tant livré, tant soutenu d’assauts,Reprennent tous leur part au jour qui nous éclairePourvoir faire à mon roi ce qu’eux tous n’ont pu faire,Eux-mêmes s’en convaincre et d’un regard jalouxAdmirer un héros qui les efface tous.
Il range cependant ses troupes au rivage,
Mesure de ses yeux Tholus et le passage,
Et voit de ces héros ibères et romainsVoltiger tout autour les simulacres vains :
Cette vue en son sein jette une ardeur nouvelleD'emporter une gloire et si haute et si belle,
Que, devant ces témoins à le voir empressés,
Elle ait de quoi ternir tous les siècles passés :
Nous n’avons plus, dit-il, affaire à ces RatavesDe qui les corps massifs n’ont que des cœurs d’esclaves :Non, ce n’est plus contre eux qu’il nous faut éprouver,C’est Rome et les Césars que nous allons braver.
De vos ponts commencés abandonnez l’ouvrage,Français, ce n’est qu’un fleuve, il faut passer à nageEt laisser, en dépit des fureurs de son cours,
Aux autres nations un si tardif secours :
Prenez pour le triomphe une plus courte voie;
C’est Dieu que vous servez, c’est moi qui vous envoieAllez, et faites voir à ces Ilots ennemisQuels intérêts le ciel en vos mains a remis.
C’était assez en dire à de si grands courages :
Des barques et des ponts on hait les avantages ;
On demande, on s’efforce à passer des premiers :Grammont ouvre le fleuve à ces bouillants guerriersVendôme, d’un grand roi race tout héroïque,Vivonne, la terreur des galères d’Afrique,
Briole, Chavigny, Nogent, et Nantouillet,
Sous divers ascendants montrent même souhait;
De Termes, et Coaslin, et Soubise, et la Salle,
Et de Saulx, et Revel, ont une ardeur égale ;
Et Guitry, que la Parque attend sur l’autre bord,Sallart et Beringhen font un pareil effort.
Je n’achèverais point si je voulais ne taireNi pas un commandant, ni pas un volontaire :1,’histoire en prendra soin, et sa fidélitéI,es consacrera mieux à l’immortalité.
De la maison du roi l’escadre ambitieuseFend après tant de chefs la vague impétueuse,
Suit l’exemple avec joie ; et peut-être, grand roi,
A vais-je là quelqu’un qui te servait pour moi :
Tu le sais, il suffit. Ces guerriers intrépidesPercent des flots grondants les montagnes liquides-La tourmente et les vents font horreur aux cour.sif‘ rSiMais cette horreur en vain résiste au cavaliers ;Chacun pousse le sien au travers de l’orage;
Le péril redoublé redouble le courage ;
Le gué manque, et leurs pieds semblent à pas pc r(lChercher encor le fond qu’ils ne retrouvent plus;
Ils battent l’eau de rage, et malgré la tempêteQui bondit sur leur croupe et mugit sur leur tète ?L’impérieux éclat de leurs hennissementsVeut imposer silence à ses mugissements :
Le gué renaît sous eux ; à leurs crins qu’ils secoue) >Des restes du péril on dirait qu’ils se jouent,
Ravis de voir qu’enfin leur pied mieux affermi,Victorieux des flots, n’a plus qu’un ennemi.
Tout à coup il se montre, et de ses embuscades11 fait pleuvoir sur eux cent et cent mousquetadeStI,e plomb vole, l’air siffle, et les plus avancesChancellent sous les coups dont ils sont traversés-Nogent, qui flotte encor dans les gouffres de I ° nEn reçoit dans la tête une atteinte profonde :
Il tombe, l’onde achève, et, l’éloignant du bord,S’accorde avec le feu pour cette double mort.
Que vois-je! les chevaux, que leur sang effaroBouleversent leur charge, et n’ont ni frein ni bo