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Tome second.
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POEMES SUR LES VICTOIRES OU ROI.

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Et le fleuve grossit son tribut pour TliétisDe leurs maîtres et d’eux pêle-mêle engloutis;

Le mourant qui se noie à son voisin s’attache,

Et l’entraîne après lui sous le flot qui le cache.

Quel spectacle d’effroi, grand Dieu ! si toutefoisQuelque chose pouvait effrayer des Français.

Rien n’étonne; on fait halte, et toute la surpriseN’obtient de ces grands cœurs qu’un moment de remise,Attendant qu’on les joigne, et qu’un gros qui les suitEnfle leur bataillon que l’œil du roi conduit.

Le bataillon grossi gagne l’autre rivage,

Fond sur ces faux vaillants, leur fait perdre courage ;Les pousse, perce, écarte, et, maître de leur bord,Leur porte à coups pressés l’épouvante et la mort.

Tel est sur tes Français l’effet de ta présence,Grand monarque ! tels sont les fruits de ta 'prudenceQui par de feints combats prit soin de les formerA tout ce que la guerre a d’affreux ou d’amer.

Tu les faisais dès lors à ce qu’on leur voit faire;

Et l’espoir d’un grand nom ni celui du salaireNe font point cette ardeur qui règne en leurs esprits :Tu les vois, c’est leur joie, et leur gloire, etleurprix.Tandis que l’escadron, fier de cette déroute,

Mêle au sang hollandais les eaux dont il dégoutte,

Le honte et de dépit les mânes disparus'

Le ces bords asservis, qu’en vain ils ont courus ,

T laissent à mon roi, pour éternel trophée ,

Leurs noms ensevelis et leur gloire étouffée, [coups ?

Mais qu’entends-je! et d’où part cette grêle deGénéreuse noblesse, où vous emportez-vous ?

La troupe qu’à passer vous voyez empresséeA courir les fuyards s’est toute dispersée,

! Et vous donnerez seule oans ce retranchement, Gù l’embûche est dressée à votre emportement ;

A peine y serez-vous cinquante contre mille ;

Le vent s’est abattu, le Rhin s’est fait docile,

Mille autres vont passer, et vous suivre à l’envi ;

Mais je donne un avis que je vois mal suivi ;

Ull| try tombe par terre : ô ciel, quel coup de foudre !■le te vois, Longueville étendu sur la poudre ;

'L'ec toi tout l’éclat de tes premiers exploitsLaisse périr le nom et le sang des Duuois,

Et

ces dignes aïeux qui te voyaient les suivre

< : Ment et la douceur et l’espoir de revivre :

L°»dé va te venger, Condé dont les regards [Mars ;°ftent toute Norlinghe et Lens aux champs der anime, il soutient cette ardente noblessetrop de cœur épuise ou de force ou d’adresse ;

^ son juste courroux par de sanglants effets

L:

tssipe les chagrins d’une trop longue paix,j’ennemi qui recule, et ne bat qu’en retraite,^ e biet au plomb volant à venger sa défaite :c i’enfonce. Arrêtez, héros où eourez-vous ?tarder votre sang, c’est les exposer tous ;

C’est hasarder Enghien votre unique espérance,Enghien, qui sur vos pas à pas égaux s’avance,

Tous les cœurs vont trembler à votre seul aspect :Mais le plomb n’a point d’yeux, et vole sans respect;Votre gauche l’éprouve. Allez, Hollande ingrate,Plaignez-vous d’un malheur où tant de gloire éclate;Plaignez-vous à ce prix de recevoir nos fers ;

Trois gouttes d’un tel sang valent tout l’univers :

Oui, de votre malheur la gloire est sans secondeD’avoir rougi vos champs du premier sang du monde;Les plus heureux climats en vont être jaloux ;

Et, quoi que vous perdieznousperdonsplusquevous.

La Hollande applaudit à ce coup téméraire :

Le Français indigné redoublesa colère ;

Contre elle Knosembourg ne dure qu’une nuit ;Arnheim, qui l’ose attendre, endeux jours est réduit;Et ce fort merveilleux sous qui l’onde asservieArrêta si long-temps toute la Batavie,

Qui de tous ses vaillants onze mois fut l’écueil,L’inaccessible Skeink coûte à peine un coup d’œil.

Que peut Orange ici pour essais de ses armes,

Que dérober sa gloire a'ux communes alarmes,

Se séparer d’un peuple indigne d’être à lui,

Et dédaigner des murs qui veulent notre appui ?

La rive de l’Yssel si bien fortifiée,

Par ce juste mépris à nos mains confiée,

Ne trouve parmi nous que des admirateursDe ses retranchements et de ses déserteurs.

Yssel trop redouté, qu’ont servi tes menaces ?L’ombre de nos drapeaux semble charmer tes places :Loin d’y craindre le joug, on s’en fait un plaisir : [sir.Et sur tes bords tremblants nous 'n’avons qu’à choi-Ces troupes qu’un beau zèle à nos destins allieFont dans l’Over-Yssel régner la Westphalie ;EtGrolle, Zwol, Kempen, montrent à DeventerQu’il doit craindre à son tour les bombes de Munster.Louis porte à Doësbourg sa majesté suprême,

Et fait battre Zutphen par un autre lui-même :

L’un ouvre, l’autre traite, et soudain s’en dédit :

De ce manque de foi Philippe le punit,

Jette ses murs par terre et le force à lui rendreCe qu’une folle audace en vain tâche à défendre.

Ces colosses de chair robustes et pesantsAdmirent tant de cœur en de si jeunes ans ;

D’un héros dont jamais il n’ont vu le visageEn cet illustre frère ils pensent voir l’image,L’adorent en sa place, et, recevant sa loi,Reconnaissent en lui le sang d’un si grand roi.

Ainsi, lorsque le Rhin, maître de tant de villes,

Fier de tant de climats qu’il a rendus fertiles,

Enflé des eaux de source et des eaux de tribut,Approche de la mer que sa course a pour but,

Pour s’acquérir l’honneur d’enrichir plus de monde,Il prête au Whal, son frère, une part de son onde;

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