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LOUANGES DE LA SAINTE VIERGE.
Noé bâtit une arche avant que le délugeFit de toute la terre un vaste lit des eaux ;
Il fait d’un bois poli ce premier des vaisseauxOù sa famille trouve un assuré refuge.
Cette arche est ton portrait : son bois poli nous peintDes parents dont tu sors le choix heureux, et saint ;Dieu s’en fait un vaisseau comme ce patriarche;
Riais on voit un autre ordre au mystère caché :
Four se sauver des eaux Noé monte en son arche,Dieu pour descendre en toi te sauve du péché.
L’onde enlin se retire en de vastes abîmes,
La terre se revêt des plus vives couleurs,
Et la pitié du ciel s’épand sur nos malheurs,
Ainsi que sa colère avait fait sur nos crimes.
Si la tempête encore ose nous menacer,
Sa fureur a sa borne et ne la peut forcer ;
Un grand arc sur la nue en marque l’assurance,
Et Dieu l’y fait briller pour signal qu’à jamaisSa bonté maintiendra l’amoureuse allianceQui du côté des eaux nous a promis la paix.
Que se crève à grand bruit le plus épais nuage,
Qu’il verse à gros torrents ce qu’il a de plus noir;L’arc témoin de ce pacte à peine se fait voir,
Qu’il dissipe la crainte et nous rend le courage ;
La joie avec l’espoir rentre au cœur des pécheursQui, l’œil battu de pleurs,
Avec sincérité détestent leurs faiblesses;
Et, quoi que sur leur tête ils entendent rouler,
Le souvenir d’un Dieu fidèle en ses promessesLeur donne, à cet aspect de quoi se consoler.
Vois, ô reine du ciel ! vois comme il te figure,
Comme de tes vertus ses couleurs sont les traits !
Son azur, dont l’éclat n’a que de purs attraits,
De ta virginité fait l’aimable peinture ;
Par le feu, dont le rouge est si bien animé,
Ton zèle ardent pour Dieu voit le sien exprimé;
Ta charité vers nous y trouve son image ;
Et de l’humilité, qui par un prompt effetDu choix du Tout-Puissant mérita l’avantage,
Ce blanc tout lumieux est te tableau parfait.
Telle donc que cet arc la terre te contemple;
Tu fais pleuvoir du ciel cent lumières sur nous,
Ta brillante splendeur sème de là pour tousDes plus parfaites mœurs un glorieux exemple.
Par toi chaque hérésie a son cours terminé :
En vain de ses enfants le courage obstinéDe ses fausses clartés s’attache aux impostures;
Il suffit de te voir unir en Jésus-ChristPar ta submission deux contraires natures,
Pour briser tout l’orgueil dont s’enlle leur esprit.
Arc invincible, arc tout ai niable,
Qui guéris en blessant au cœur,
Arc en pouvoir comme en douceurÉgalement incomparable,
Arc qui fais la porte des cieux ,
Vierge sainte, enfin, qu’en tous lieuxUn respect sincère doit suivre,
Quand de notre destin l’inévitable loiNous aura fait cesser de vivre,
Fais-nous part de ta gloire et revivre avec toi.
Le sommeil de Jacob lui fait voir des miracles.L’échelle, qu’il lui montre en lui fermant les yeux,De la terre atteint jusqu’aux cieux ;
Dieu s’appuie au-dessus pour rendre ses oracles;Les anges, dont soudain un luisant escadronDe célestes clartés couvre chaque échelon,
S’en servent sans relâche à monter et descendre,
Et d’un songe si beau les claires visionsL’assurent de la terre où son sang doit prétendre,Et de ce qu’a le ciel de bénédictions.
RIarie est cette échelle; elle l’est, et lapasse;
Par elle on reçoit plus que Dieu n’avait promis :Aussi pour lui parler fange qu’il a commisI-.a nomme dès l’abord toute pleine de grâce.
Elle nous donne un fils, mais un fils homme-dieu;
Et quand son corps sacré quitte ce triste lieu,
Pour le porter au ciel elle a des milliers d’anges :
De ce brillant séjour elle rompt tous nos fers,
De tous nos maux en biens elle fait des échanges,
Et nous prête son nom pour braver les enfers.
RIoïse est tout surpris quand, pour lui toucher Fâi ,ie •Dieu se revêt de flamme;
Celle que sur l'Oreb il voit étinceler
Pare un buisson ardent, au lieu de le briller,
fit s’en fait comme un trône où plus elle s’allume,
Et moins elle consume.
Ton adorable intégrité,
O Vierge-mère, ainsi ne souffre aucune atteinte,Lorsqu’en tes chastes flancs se fait l’union sainteDe l’essence divine à notre humanité.
Que la manne au désert est d’étrange nature !
Son goût, le premier jour, se conforme au souhait iEt, quand pour d’autres jours la réserve s’en fait.Elle souille le vase et tourne en pourriture :
Ce peu seul qui dans l’arche en tient le souvenirS’y garde incorruptible aux siècles à venir,
Sans que souillure aucune à son vaisseau s’attac »Ainsi tu conçois Jésus-Christ ;
Et ta virginité demeure ainsi sans tacheEn nous donnant ce fils, conçu du Saint-Esprit'