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Tome second.
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509
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LOUANGES DE LA SAINTE VIERGE.

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Salomon, ce roi pacifique,

Eleva dans ce temple un trône au Dieu des dieux ;Et le Dieu de la paix, le monarque des cieux,

S’en fait un dans ton sein pudique.

Il vient y prendre place et finir notre ennui ;

Un messager céleste envoyé devant luiEn ce pudique sein lui prépare la voie :

Mais, bien que de tout temps ce Dieu Petit résolu,bien que l’ange à toi-même en eut porté la joie,

Ge dieu n’aurait rien fait si tu n’avais voulu.

A force de présents, à force de prières,

La belle Abigaïl arrête ce grand coeur,

Et désarme elle seule une juste fureurQu’allumaient de Nabal les réponses trop fières ;Elle fait alliance entre David et lui.

O Vierge! notre unique appui,

Pour nous près de ton fds tu fais la même chose,Et ce lait virginal de quoi tu le nourris,

Sitôt que ta prière à sa fureur s’oppose,D’infâmes criminels nous rend ses favoris.

Mère vierge, mère de grâce,

Palais de la Divinité,

Torrent d’amour et de bontéDont le cours jamais ne se lasse;

Illustre original de tant d’heureux crayons,

Mère du Soleil de justice,

Fais -en jusque sur nous descendre les rayons,Forte-lui jusqu’au ciel nos vœux en sacrifice,

Et prête à nos besoins un secours si propice,

Que nous puissions enfin voir ce que nous croyons.

De. ce même David, race vraiment royale,

Digne sang des plus dignes rois,

Mère et fille d’un Dieu qui te laisse à ton choixDispenser les trésors de sa main libérale;

Ce Dieu, qui près de lui te donne un si haut rang,Par la nouvelle loi qu’il scella de son sang,

Nous a tous faits tes fils : montre-toi notre mère ;Sois de cette loi même et la joie et l’honneur,

Kt contre tous les traits d’une juste colèreSers-nous de bouclier, et fais notre bonheur.

Créatures inanimées,

Qui formez jusqu’ici ce merveilleux portrait,Souffrez que le beau sexe en rehausse le trait,Et montre ses vertus encor mieux exprimées.Gaissez-nous admirer l’illustre Abigaïl,Eaissez-nous voir sa grâce et son discours civilArrêter un torrent de fureurs légitimes ;

Elle n’épargne dons, ni prières, ni pleurs,

Et force ainsi David à pardonner des crimesQui s’attiraient déjà le dernier des malheurs.

Son arrogant époux, en festins si prodigueFour tous ceux qu’il assemble à tondre ses troupeaux,Qui de ces jours d’excès fait ses jours les plus beaux,Et pour de vains honneurs lâchement se fatigue ;

Ce Nabal, dont l’orgueil, enflé de tant de biens,Fasse jusqu’au mépris de David et des siens,

I" pécheur insolent est une affreuse image;

F brave comme lui le maître de son sort;

"* ses vrais serviteurs comme lui fait outrage,

A comme lui s’attire une infaillible mort.

En toi seule aujourd’hui se fonde l’espéranceDe tout le genre humain :

Toi seule as dans ta mainDe quoi du vieil Adam purger toute l’offense ;Par toi le port de vie aux pécheurs est ouvert,Par toi le salut est offertA qui te peut offrir tout son cœur en victime ;Et, quoi que les enfers osent nous suggérer,Quiconque te sait honorerNe sait plus ce que c’est que crime.

Il fait donc bon te rendre un sincère respect,

En faire sa plus noble étude,

Se tenir en tous lieux comme à ton saint aspect,Mettre toute sa gloire à cette servitude :

Car enfin les sentiers que tu laisses battusSont partout semés de vertusQui de tes serviteurs font l’entière assurance ;Ils guident sans péril à l’éternelle paix,

Et ce qu’on a pour toi de sainte déférenceAvec toi dans le ciel fait revivre à jamais.

D’ailleurs ce David tout aimable,

Qu’à se venger on voit si prompt,

•exible à la prière, et sensible à l’affront,

G 11 clémence, en rigueur à nul autre semblable;e guerrier si bénin, qui devient sans pitiéu mépris et des siens et de son amitié,

Çrme de .Tésus-Christ l’adorable peinture :le « qu’il soit Dieu de paix, le foudre est en ses mains"G tout bon qu’il veut être, il sait venger l’injurel 'l'i’on fait à sa gloire et qu’on fait à ses saints.

Après Abigaïl, aussi sage que belle,

Judith montre un courage égal à- sa beautéQuand des Assyriens le monarque irritéTraite Béthulie en rebelle :

Pour venger le mépris qu’on y fait de ses lois,

Ce roi, qui voit sous lui trembler tant d’autres roisEnvoie à l’assiéger une effroyable armée;Holopherne préside à ce barbare effort,

Et de la multitude en ses murs enferméeAucun ne saurait fuir ou les fers ou la mort.