LOUANGES T)E LA SAINTE VIERGE.
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Son bien-aimédisciple à qui ce digne MaîtreTe donna pour mère en mourant,
Lui que le tendre amour de ce fils expirantFit ton fils en sa place, et qui se plut à l’étre ;
Cet apôtre prophète à Pathmos exiléY voit plus que n’a révéléD’aucun de ses pareils l’énigmatique histoire ;
Il voit un signe au ciel si merveilleux en soi,
Il y voit un crayon si parfait de ta gloire,
Qu’il doute s’il y voit ou ta figure ou toi.
Il y voit une femme en beauté singulière :
Le soleil la revêt de ses propres rayons ;
La lune est sous ses pieds avec même lumièreQu’en son plus grand éclat d’ici nous lui voyons ;
Douze astres forment sa couronne ;
Et si tant de splendeur au dehors l’environne,
Ce que le dedans cache est encor plus exquis;
Elle est pleine d’un fils qu’à peine l’on voit naîtreQu’aussitôt le souverain MaîtreLui fait place en son trône, et le reçoit pour fils.
Est-elle autre que toi, cette femme admirable?
Et son lumineux appareilD’astres, de lune et de soleil,
N’est-il pas de ta couche un apprêt adorable?
Est-ce une autre que toi que de tous ses trésorsEt remplit au dedans et revêt au dehorsLe brillant Soleil de justice;
Et fait-il commencer par une autre en ces lieuxCe royaume de Dieu si doux et si propiceQui réunit la terre aux deux ?
La milice du ciel qui sous tes lois se rangeComme la lune sous tes pieds,
Y fait incessamment résonner ta louange,
TA sert d’illustre base au trône où tu te sieds ;
De tes plus saints aïeux la troupe glorieuseFait la couronne précieuseDes astres qui ceignent ton front;
T.e nombre en est égal à celui des apôtres,
Et nous donne l’exemple et des uns et des autresPour être un jour par toi près de Dieu ce qu’ils sont.
Cette plénitude étonnanteDes grâces que sa main sur toi seule épandit,
Joint à tant de vertus, joint à tant de crédit,
T,a gloire de la voir toujours surabondante.
Vierge par excellence, et mère du Très-Haut,Toujours sans tache et sans défaut,
Lumière que jamais n'offusque aucun nuage,
De tant de plénitude épands quelque ruisseau,
Et de tant de splendeurs dont brille ton visage,Laisse jusque sur nous tomber un jour nouveau.
En toi toutes les prophétiesQui de toi jamais ont parlé,
Par le plein effet éclaircies,
Font voir ce que leur ombre a.si longtemps voilé ;Les énigmes de l’Écriture,
Dont s’enveloppe ta figure,
Ont perdu leur obscurité,
Et ce que t’annoncent les anges,
Ce qu’ils te donnent de louangesEst rempli par la vérité.
Refuge tout-puissant de la faiblesse humaine,Incomparable Vierge, étoile de la mer,Calme-nous-en les Ilots prêts à nous abîmer ;
De nos vieux ennemis dompte pour nous la haine ;Purge en nous tout l’impur, tout le terrestre amour,Toi qui connais ton Dieu, toi qui le mets au jour,Sans en être un moment moins pure ;
Toi, la pierre angulaire, en qui l’on voit s’unirLes vérités à la figure ,
Ou plutôt la figure en vérités finir.
Les figures ont peint l’excès de ta puissance ;Fais-nous-en ressentir l’effet :
Parle, prie ; et Dieu satisfaitLaissera désarmer sa plus juste vengeance.
Tu te sieds à sa dextre à côté de ton fils ;
La tienne de ce trône où lui-même est assisPeut aux plus lâches cœurs rendre unesainte audace:De là de tous les tiens tu secours les besoins ;
Et comme ta prière obtient pour eux sa grâce,L’œuvre de leur salut est l’œuvre de tes soins.
Cette adorable chair qu’il forma de la tienne,
Ce sang qu’il tira de ton sang,
Quelque haut rang au ciel que l’un et l’autre tienne,T’ont cru devoir le même rang :
Comme sans cesse il considèreQu’il prit et l’un et l’autre en ton pudique flanc,
Sans cesse il te chérit, sans cesse il te révère ;
Et comme il est ton fils aussi bien que ton Dieu,L’amour et le respect qu’il garde au nom de mèreNe t’auraient pu jamais souffrir en plus bas lieu.
Ce fils t’élève ainsi sur toute créature,
Te fait ainsi jouir de la sociétéDe cette immense TrinitéQui donne à tes vertus un pouvoir sans mesure.Fais-nous-en quelque part pour monter jusqu’à toUDonne-nous cet amour, cet espoir, cette foi,
Qui doivent y servir d’échelle ;
Et d’un séjour si dangereuxTire-nous à celui de la gloire éternelleQui fait le prix des bienheureux.
FIN DES LOUANGES DE LA SAINTE VIF.UGE.