LOUANGES DE LA
Ce que fait Esther pour ses frères,
Tu le fais pour tes serviteurs,
Tu fais retomber nos misèresSur la tête de leurs auteurs;
Quoi qu’attente leur perfidie,
La grâce, qui te donne un Dieu pour ton époux,
En un moment y remédie ;
Et pour rudes que soient leurs coups,
Ta pitié, par elle enhardie,
Ose tout et peut tout pour nous.
SAINTE VIERGE.
Les Hébreux au désert par l’ordre de MoïseÉlèvent un serpent d’airain ;
Sa vue est un remède et facile et soudainQui leur rend la santé promise :
Les vipères et les serpentsQu’en ce vaste désert ce peuple voit rampantsN’ont plus de morsures funestes ;
Cet aspect salutaire en fait la guérison ,
Et contre eux leur figure a des vertus célestesPlus fortes que tout leur poison.
L’implacable ennemi de l’hommeSous l’orgueilleux Aman dépeint,
C’est l’ange en qui jamais cet orgueil ne s’éteint,
Le serpent déguisé qui fit mordre la pomme :
Chassé du Paradis, il nous le veut fermer ;
Éanni dans les enfers, il y veut abîmerCeux dont sa place au ciel doit être la conquête !Vais, quoi qu’ose sa haine à toute heure, en toutlieu,Vierge ton pied l’écrase ; et, lui brisant la tête,
Tu fais d’un seul regard notre paix avec Dieu.
Tu te plais à garder tes serviteurs fidèlesComme la prunelle des yeux ;
Ta main pour avant-goût des cieux [les ;
Leur fait un nouveau siècle et des douceurs nouvel-Tu leur sers de refuge ; et pour les consolerSur eux tu laisses découlerVille et mille faveurs du Monarque suprême :
Tu puises comme épouse en ses divins trésors,
Vrai livre de la loi que fait sa bonté même,
Ét sacré tabernacle où reposa son corps.
Vive fleur du printemps, candeur que rien n’efface,Honneur des vierges, fleur des fleurs,
* °utaine de secours , dont les saintes liqueursConservent toute notre race ;
’ °deur de ton mérite ici-bas sans pareilAttire l’ange du conseil,e Souverain des rois, le Seigneur des armées :
Et tu fais que du firmamentg, Les portes si longtemps fermées’ ouvrent pour terminer notre bannissement.
Plus simple que n’est la colombe,
Tu nous rends plus de joie et plus de sûreté,
Et protèges si bien la vraie humilitéQue jamais elle ne succombe :
Un Dieu qui sort de toi te laisse des vertusA relever nos cœurs sous le vice abattus ;
Quel qu’en soit le poison, ta force le surmonte ;
Et cet heureux remède à nos péchés offertPasse le serpent du désert,
Et fait la guérison plus prompte.
Cette porte fermée, et qui n’ouvrait jamais,
Que vit Ézéchiel à l’orient tournée,
Par ce même orient de ses splendeurs ornée ,
Est encore un de tes portraits ;
Aucun n’entre ni sort par elleQue cette sagesse éternelleQui doit de notre chair un jour se revêtir ; [ture ,Mais, soit qu’elle entre ou sorte, ou voit même clô-Et Dieu n’y fait point d’ouvertureNi pour entrer ni pour sortir.
Ta virginité sainte est la porte sacréeDont ce Dieu fit le digne choixPour faire au monde son entrée,
Comme pour en sortir il le fit de la croix.
Il entre dans tes flancs, il en sort sans brisure ;
Avec ce privilège il y descend des cieux :
Sans que ta pureté souffre de flétrissure
Il prend un corps en toi pour se montrer aux yeux ;
Et n’est pas moins assis au-dessus du tonnerre,
Bien qu’en ce corps fragile il marche sur la terre.
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Et
! é flottait encor sur les eaux du déluge,
11 j tr<)u kl® qu’il était d’
^doutait si lui-même a11 i» aura ' t ɰ rs A® l’arche enfin quelque refuge;( '-ue la colombe, et les monts découverts
avoir vu tout périr,si lui-même aurait où recourir,
Qüe
Lui présentent des rameaux verts
Jusque dans cette arche en son bec elle apporte :^retour le ravit, et ses enfants et luiO^fnueut une joie aussi pleine , aussi fortee étaient jusque-là leur trouble et leur ennui.
Tel qu’au travers d’un astre on voit que le soleilTrouve une impénétrable voie,
Sa lumière en descend avec éclat pareil,
Et ne brise ni rompt l’astre qui nous l’envoie;
Ce canal transparent, toujours en son entier,Peint l’inviolable sentierPar où le vrai Soleil passe sans ouverture :
Telle en ta pureté, Vierge, tu le conçois ;
Mais l’astre suit ainsi l’ordre de la nature,
Et tu conçois ton fils en dépit de ses lois.