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Tome second.
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PIÈGES CONCERNANT LE CID.

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On ne dit point laisser un adieu, ni laisser des cris, maisbien dire adieu, ci jeter des cr is ; outre que les vaincus nedisent jamais adieu aux vainqueurs.

SCÈNE IV.

Contrefaites le triste.

L’observateur n’a pas eu raison de reprendre cette façonde parler, qui est en usage; mais il est vrai qu’elle est bassedans la bouche du roi

SCÈNE V.

Si de nos ennemis Rodrigue a le dessus,

II est mort à nos yeux des coups qu’il a reçus.

Quand un homme est mort, on ne peut dire qu 'il a ledessus des ennemis, mais bien il a eu 1 .

Reprends ton allégresse.

Le roi proposerait mal à propos à Chimènc qu’elle re-prit son allégresse, si elle n’avait fait paraître plus d’amourpour Rodrigue que de ressentiment pour la mort de sonpère.

Le chef, au lieu de fleurs, couronné de lauriers.

L’observateur n’a pas eu sujet de blâmer l’auteur d’a-voir parlé huit ou dix fois de lauriers dans un poème desi longue étendue.

Sire, ôtez ces faveurs qui terniraient sa gloire.

Cela n’est pas bien dit pour signifier ne lui faites pointde ces faveurs qui terniraient sa gloire; car on ne peutdire ôter des faveurs que celles que peut donner ou ôterune maîtresse, mais ce n’est pas ainsi que s’entendent lesfaveurs en ce lieu.

Quand mon honneur y va.

Cette phrase a déjà été reprise; il fallait dire quand il yva de mon honneur.

SCÈNE IL

Faut-il que mon cœur se prépare,

S’il ne peut obtenir dessus mon sentiment.

Cela est mal dit pour exprimer mon cœur ne peut obte-nir de lui-même; car il distingue le cœur du sentiment,qui en ce lieu ne sont que la même chose.

SCÈNE III.

Que ce jeune seigneur endosse le harnois.

L’observateur ne devait pas reprendre cette phrase, quin’est point hors d’usage, comme les termes qu’il allègue 1 .

Puisse l’autoriser à paraître apaisée.

Ce vers ne signifie pas bien puisse lui donner lieu des’apaiser, sans qu’il y aille de son honneur 1 .

SCÈNE IV.

Et mes plus doux souhaits sont pleins d’un repentir.

Il fallait mettre plutôt pleins de repentir; car le mot depleins ne s’accorde pas avec un; et puis le repentir n’estpoint dans les souhaits, mais il peut suivre les souhaits : ilfallait dire sont suivis de repentir.

Mon devoir est trop fort et ma perte trop grande ;

Et ce n’est pas assez pour leur faire la loi.

On peut bien dire faire la loi à un devoir pour dire lesurmonter, et non pas à une perte.

Et le ciel, ennuyé de vous être si doux.

ACTE CINQUIÈME.SCÈNE PREMIÈRE.

Cela dit trop pour une personne dont on a tué le père lejour précédent.

De son côté me penche.

Mon amour vous le doit et mon cœur qui soupireN’ose sans votre aveu sortir de votre empire.

Cette expression qui soupire est imparfaite; il fallaitdire qui soupire pour vous : et par le second vers il sembleQu’il demande plutôt permission de changer d’amour quede mourir 3 .

Va combattre don Sanche et déjà désespère.

H eût été plus à propos d’ajouter à désespère ou de lav ictoire, ou de vaincre; car le mot désespère semble nedire pas assez tout seul.

^ Elle est basse dans la bouche de tout personnage tragique.

’ On peut encore observer qu 'avoir le dessus des ennemis estUne expression trop populaire. (V.)

On pourrait dire encore qu’un cœur qui n’ose sortir dumonde et de l’empire de sa maîtresse sans l’ordre de la dame, est. ne idee romanesque qui éteint dans cet endroit la chaleur def r ^J ss i°n, et que tout ce qui est guindé, recherché, affecté, est

Il fallait dire me fasse pencher : ce verbe n’est point ac-tif, mais neutre.

SCÈNE V.

Madame, à vos genoux j’apporte cette épée.

On peut bien apporter une épée aux pieds de quelqu’un,mais non pas aux genoux 3 .

Ministre déloyal de mon rigoureux sort.

Don Sanche n’était point déloyal, puisqu’il n’avait faitque ce qu’elle lui avait permis de faire, et qu’il ne lui avaitmanqué de foi en nulle chose.

Le cinquième article des observations comprend les lar-

1 On endossait effectivement alors le harnois : les chevaliersportaient cinquante livres de fer au moins. Cette mode ayantlini, endosser le harnois a cessé d’être en usage. Boileau a ditdormir en plein champ le harnois sur le dos; mais c’est dansune satire. (V.)

2 Cette critique parait trop sévère : il me semble que l’auteurdit ce qu’on lui reproche de n’avoir pas dit. (V.)

3 On apporte aux genoux comme aux pieds. (V.)

10 .