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Tome I.
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53 LES FRERES ENNEMIS.

Il faut finir ainsi cette guerre inhumaine.

Oui, cruel, et c’est là le dessein qui m’amène ;Moi-même à ce combat j’ai voulu t’appeler :

A. tout autre qu’à toi je craignois d’en parler;

Tout autre auroit voulu condamner ma pensée,

Et personne en ces lieux ne te l’eût annoncée.

Je te l’annonce donc. C’est à toi de prouverSi ce que tu ravis tu le sais conserver.

Montre-toi digne enfin d’une si belle proie.

ÉTÉOCLE.

J’accepte ton dessein, et l’accepte avec joie;

Créon sait là-dessus quel étoit mon désir :

J’eusse accepté le trône arec moins de plaisir.

Je te crois maintenant digne du diadème ;

Je te le vais porter au bout de ce fer même.

iocàste.

Hâtez-vous donc, cruels, de me percer le sein,

Et commencez par moi votre horrible dessein :

Ne considérez point que je suis votre mère,Conside'uez en moi celle de votre frère.

Si de votre ennemi vous recherchez le sang,Recberchez~en la source en ce malheureux flanc :Je suis de tous les deux la commune ennemie,Puisque votre ennemi reçut de moi la vie;

Cet ennemi, sans moi, ne verroit pas le jour.

S’il meurt, ne faut-il pas que je meure à mon tourN’en doutez point, sa mort me doit être communeIl faut en donner deux, ou n’en donner pas une ;Et, sans être ni doux ni cruel à demi,

Il faut me perdre, ou bien sauver votre ennemi.