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ACTE IV, SCÈNE II ï.
Le trône vous est dû, je n'en sam'ois douter ;
Mais vous le renversez en voulant y monter.
Ne vous lassez-vous point de cette affreuse guerre?Voulez-vous sans pitié de'soler cette terre,
Détruire cet empire afin de le gagner ?
Est-ce donc sur des morts que vous voulez régner ?Thèbes avec raison craint le règne d’un princeQui de fleuves de sang inonde sa province :Voudroit-elle obéir à votre injuste loi ?
Vous êtes son tyran avant qu’être son roi.
Dieux! si devenant grand souvent on devient pire,Si la vertu se perd quand on gagne l’empire,Lorsque vous régnerez, que serez-vous, hélas!
Si vous êtes cruel quand vous ne régnez pas ?
polynice.
Ah! si je suis cruel, on me force de l’être ;
Et de mes actions je ne suis pas le maître.
J’ai honte des horreurs où je me vois contraint*,
Et c’est injustement que le peuple me craint. •
Mais il faut en effet soulager ma patrie ;
De ses ge'missements mon ame est attendrie.
Trop de sang innocent se verse tous les jours ;
Il faut de ses malheurg que j’arrête le cours ;
Et, sans faire gémir ni Thèbes ni la Grèce,
A l’auteur de mes maux il faut que je m’adresse :
II suffit aujourd’hui de son sang ou du mien.
jocaste.
Dq sang de votre frère ?
POLYS1CE.
Oui, madame, du sien ;