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Tome I.
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LES FRÈRES ENNEMIS.

ANTIGONE.

Rigoureuse fortune, achève ton courroux!

Ah ! sans doute, voici le dernier de tes coups !

c r É o N.

Vous avez vu, madame, avec quelle furieLes deux princes sortoient pour s’arracher la vie ;Que d’une ardeur égale ils fuyoient de ces lieux,

Et que jamais leurs cœurs ne s’accordèrent mieux.

La soif de se baigner dans le sang de leur frèreFaisoit ce que jamais le sang n’avoit su faire :

Pur l’excès de leur haine ils sembloient réunis,

Et, prêts h. s’égorger, ils paroissoieut amis.

Ils ont choisi d’abord, pour leur champ de bataille,Un lieu près des deux camps, au piecl de la muraille.C’est là que, reprenant leur première fureur,

Ils commencent enfin ce combat plein d'horreur.D’un geste menaçant, d’un œil kiûlant de rage,

Dans le sein l’un de l’autre ils cherchent un passage J‘ F4, la seule fureur précipitant leurs bras,

Tous deux semblent courir au-devant du trépas.

Mon fils, qui de douleur en soupiroit dans lame,

Et qui se souvenoit de vos ordres, madame,

Se jette au milieu d’eux, et méprise pour vousLeurs ordres absolus qui nous arrêtoient tous.

Il leur retient le bras, les repousse, les prie,

Et pour les séparer s’expose à leur furie :

Mais il s'efforce en vain d’en arrêter le cours ;

Et ces deux furieux se rapprochent toujours,ïl tient ferme pourtant, et ne perd point courage ;pg iîijUe coups mortels il détourne l’orage,