31
ACTE Y, SCÈNE III.
Jusqu’à ce que du roi le 1er trop rigoureux,
Soit qu’il cherchât son frère, ou ce (ils malheureux,Le renverse à ses pieds prêt à rendre la vie.
AKTIG-ONE.
Et la douleur encor ne me l’a pas ravie îCRÉON.
J’y cours, je le relève, et le prends dans mes bras}Et me reconnoissant : « Je meurs, dit-il tout bas,
« Trop heureux d’expirer pour ma belle princesse.
« En vain à mon secours votre amitié s’empresse ;
« C’est à ces furieux que vous devez courir :
« Séparez-les, mon père, et me laissez mourir. »
ÏÏ. expire à ces mots. Ce barbare spectacleA leur noire fureur n’apporte point d’obstacle ;Seulement Polynice en paroît affligé':
« Attends, Hémon, dit-il, tu vas Jtre vengé. »
En effet sa douleur renouvelle sa rage,
Et bientôt le combat tourne à son avantage.
Le roi, frappé d’un coup qui lui perce le flanc,
Lui cède la victoire, et tombe dans son sang.
Les deux camps aussitôt s’abandonnent pn proie »
Le nôtre à la douleur, et les Grecs à la” joie ;
Et le peuple, alarmé du trépas de son roi,
Sur le haut de ses tours témoigné son effroi.Polynice, tout lier du succès de son crime,
Regarde avec plaisir expirer sa victime ;
Dans le sang de son frère il semble se baigner :
« Et tu meurs, lui dit-il, et moi je vais, régner.
« Regarde dans mes mains l’empire et la victoire :«Va rougir aux enfers de l'excès de ma gloire j