-30 LES FRÈRES ENNEMIS.
D ailleurs tu sais qu’IIémon adoroit la princesse,
Et qu’elle eut pour ce prince une extrême tendresse :
S’il vivoit, son amour au mien seroit fatal.
En me privant d’un fils, le ciel m’ôte un rivdl.
Ne me parle donc plus que de sujets de joie :
Souffre qu’à mes transports je m'abandonne en proie ;Et, sans me rappeler des ombres des enfers,
Dis-moi ce que je gagne, et non ce que je perds.Parle-moi de régner; parle-moi d’Antigone :
J’aurai bientôt son cœur, et j’ai déjà le trône.
Tout ce qui s'est passé n’est qu’un songe pour moi :J’étois père et sujet, je suis amant et roi.
La princesse et le trône ont pour moi tant de charmes,Que... Mais Olympe vient.
ATT ALE.
Dieux ! elle est toute en larmes,
SCÈNE y. ■
CRÉQN, OLYMPE , ATT ALE , cardes.
OLYMPE.
Qu’attendez-vous, seigneur? la princesse n’est plus.
CRÉON,
Elle n’est plus, Olympe?
QLÏMPE.
Àb ! regrèts superflus 1Elle n’a fait qu’entrer dans la chambre prochaine ;
Et du meme poignard dont est morte la reine,
£ahs que je pusse voir son funeste dessein,
Cette Hère princesse a percé son beau sein ;