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ACTE I ï, SCÈNE î.
Et disposez des rois qu’épargne son courrouxA recevoir un bien qu’ils ne doivent qu’à vous.
CLÉOF1LE.
N’en doutez point, seigneur, mou ame, inquiétée,D’une crainte si juste est sans cesse agitée ;
Je tremble pour mon frère, et crains que son trépasD’un ennemi si cher n’ensanglante le bras.
Mais en vain je m’oppose à l’ardeur qui l’enflamme,Axiane et Porus tyrannisent son aine;
Les charmes d’une reine et l’exemple d’un roi,
Dès que je veux parler, s’élèvent contre moi.
Que n’ai-je point à craindre en ce désordre extrême îJe crains pour lui, je crains pour Alexandre même.H sais qu’en l’attaquant cent rois se sont perdus ;
Je sais tous scs exploits : mais je comtois Porus.
Nos peuples, qu’on a vus triomphants à sa suiteRepousser les efforts du Persan et du Scythe,
Et tout fiers des lauriers dont il les a chargés,Vaincront à son exemple, ou périront vengés,
Et je crains...
ÉPHESTION.
Ah î quittez une crainte si vaine ;Laissez courir Porus où son malheur l'entraîne;
Que l’Inde en sa faveur arme tous ses états,
Et que le seul Taxiie en détourne ses pas.
Mais les voici.
CtÉOFIlE.
Seigneur, achevez votre ouvrage;
Par vos sages conseils dissipez cet orage ;