, ,0 ALEXANDRE.
Et nos cœurs, se formant mille soins superflus,Doutent toujours du bien qu’ils souhaitent le plus.Oui, puisque ce héros veut que j’ouvre mon ame,J’écoute avec plaisir le récit de sa flamme :
Je craignois que le temps n'en eût borné le cours ?Je souhaite qu’il m’aime, et qu'il m’aime toujours.'Je dis plus ; quand son bras força notre frontière,Et dans les murs d'Omphis m’arrêta prisonnière,Mon cœur, qui le voyoit maître de l’univers,
Se consoloit déjà de languir dans ses fers ;
Et, loin de murmurer contre un destin si rude,
Il s’en fit, je l’avoue, une douce habitude;
Et de sa liberté perdant le souvenir,
Même en la demandant, craignoit de l’obtenir :Jugez si son retour me doit combler de joie.
Riais tout couvert de sang veut-il que je le voie?Est-ce comme ennemi qu’il se viont présenter?
Et ne me cherche-t-il que pour me tourmenter?
vhestîoiî.
Non, madame; vaincu du pouvoir de vos charmes,II suspend aujourd’hui la terreur de ses armes ;
Il présente la paix à des rois aveuglés,
Et retire la main qui les eût accablés^
Il craint que la victoire, à ses vœux trop facile,
Ne conduise ses coups dans le sein de Tâxiie :
Son courage, sensible à vos justes douleurs,
Ne veut point de lauriers arrosés de vos pleurs;Favorisez les soins où amour l’engage ;Exemptez sa valeur d'un si triste avantage;