ACTE II, SCÈNE lt. ii5
Vit-on jamais chez lui nos peuples en courrouxDësoler un pays inconnu parmi nous ?
Faut-il que tant d états, de déserts, de rivières,
Soient entre nous et lui d’impuissantes barrières ?
Et ne sauroit-on vivre au bout de l’universSans connoître son nom et le poids de ses fers ?
Quelle étrange valeur, qui, ne cherchant qu’à nuire,,Embrase tout sitôt qu’elle commence à luire;
Qui n’a que son orgueil pour règle et pour raison ;
Qui veut que l’univers ne soit qu’une prison,
Et que, maître absolu de tous tant que nous sommes,
Ses esclaves en nombre égalent tous les hommes !
Plus d’états, plus de rois ; ses sacrilèges mainsDessous un même joug rangent tous les humains:
Dans son avide orgueil je sais qu’il nous dévore :
De tant de souverains nous seuls régnons encore.
Mais, que dis-je, nous seuls ? il ne reste que moiOù l’on découvre encor les vestiges d’un roi.
Mais c’est pour mon courage une illustre matière :
Je vois d’un oeil content trembler la terre entière,
Afin que par moi seul les mortels secourus,
S’ils sont libres, le soient de la main de Porus;
Et qu’on dise par-tout, dans une paix profonde :
« Alexandre vainqueur eût domté tout le monde j« Mais un roi l’attendoit au bout de l’univers ,
« Par qui le monde entier a vu Briser ses fers.»
éphestion.
Votre projet du moins nous marque un grand oourag&Jj seigneur, c’est bien tard s’opposer à l'orage s