ïi£ ALEXANDRE.
Et déjà dans leur cœur les Scythes mutinesVont sortir de la chaîne où vous nous destinez,
Essayez, en prenant notre amitié pour gage,
Ce que peut une foi qu’aucun serment n’engage ;
Laissez un peuple, au moins,qui puisse quelquefoisApplaudir sans contrainte au bruit de vos exploits.
Je reçois à ce prix l’amitié d’Alexandre ;
Et je l’attends déjà comme un roi doit attendreUn héros dont la gloire accompagne les pas,
Qui peut tout sur mon cœur, et rien sur mes états.
p o ru s.
Je croyois, quand l’Hydaspe, assemblant ses provinces,Au secours de ses bords fit voler tous ses princes,
Qu’il n’avoit avec moi, dans des desseins si grands,Engagé que des rois ennemis des tyrans :
Mais puisqu’un roi, flattant la main qui nous menace,Parmi ses alliés brigue une indigne place,
C’est à moi de répondre aux vceux de mon pays,
Et de parler pour ceux que Taxile a tî ahis.
Que vient chercher ici le roi qui vous envoie ?
Quel est ce grand secours que son bras nous octroie 7De quel front ose-t-il prendre sous son appuiDes peuples qui n’ont point d’autre ennemi que lui lAvant que sa fureur ravageât tout le monde,
L’Inde se reposou dans une paix profonde
Et si quelques voisins en troubloient les douceurs,
U portoit dans son sein d’assez bons défenseurs.Pourquoi nous attaquer? Par quelle barbarieÀ-s-on de votre maître excité la furie ?