AC VE III, SCÈNE VT. i3i
Et, quand vous le voudrez, vos hontes, h. leCr tour,Dans les cœurs le? plus durs inspireront l’amour.
Mais, seigneur, cet éclat, ces victoires, ces charmes,
Me troublent bien souvent par de justes alarmes :
Je crains que, satisfait d’avoir conquis un cœur,
Vous ne l’abandonniez à sa triste langueur,'Qu'insensible à l’ardeur que vous aurez causée i,
Voire ame ne dédaigne une conquête aisée.
On attend peu d’amour d’un Ltëros tel que vous :
1-a gloire fit toujours vos transports les plus doux;
Et peut-être, au moment que ce grand cœur soupire,
La gloire de me vaincre est tout ce qu’il désire.
ALEXANDRE.
Que vous connoissez mal les violents désirsD’un amour qui vers vous porte tous mes soupirs !J’avoûrai qu’autjefois, au milieu d’une armée,
Mon cœur ne soupiroit que pour la renommée ;
Les peuples et les rois, devenus mes sujets,
Ëtoient seuls à mes vœux d’assez dignes objets.
Les beautés de la Perse à mes yeux présentées,Aussi-bien que ses rois, ont paru surmontées :
Mon cœur, d’ujj fier mépris armé contre leurs traits,
N’a pas du moindre hommage honoré leurs attraits;Amoureux de la gloire, et par-tout invincible,
Il mettoit son bonheur à paroître insensible.
Mais, hélas ! que vos yeux, ces aimables tyrans,
Ont produit sur mon cœur des effets différents !
Ce grand nom de vainqueur n’est plus ce qu'il souhaite;U vient avec plaisir avouer sa défaite :