ACTE ï Y, SCÈNE II. ,139
Et, loin de remporter une gloire parfaite,.
D’un autre que de vous attendre sa défaite ?
Triomphez : mais sachez que Taxile en son cœurVous dispute déjà ce beau nom de vainqueur jQue le traître se flatte, avec quelque justice-,
Que vous n’avez vaincu que par son artifice.
Et c’est à ma douleur un spectacle assez douxDe le, voir partager cette gloire avec vous.
ALEXANDRE.
En vain voire douleur s'arme contre ma gloire :jamais on ne m’a vu dérober la victoire,
Et par ces lâches soins, qu’on ne peut m’imputer,'Tromper mes ennemis au lieu de les demter.
Quoique par-tout, ce semble, accablé sous le nombre,
Je n’ai pu me résoudre à me cacher dans Voxnbre :
Ils n’ont de leur défaite accusé que mon bras ;
Et le jour a par-tout éclairé mes combats.
Il est vrai que je plains le sort de vos provinces :
J’ai voulu prévenir la perte de vos princes ;
Mais, s’ils avoient suivi mes conseils et mes voeux,
Je les aurois sauvés ou combattus tous deux.
Oui, croyez...
A XI ANE.
Je crois tout. Je vous crois invincible ;Mais, seigneur, suffit-il que tout vous soit possible ?
Ne tient-il qu’à jeter tant de rois dans les fers,
Qu’à faire impunément gémir tout l’univers ?
Et que vous âvo'ent fait tant de villes captives,
Tant de morts dont l’IIydaspe a vu couvrir ses rives?