a4© ALEXANDRE.
Qu’ai-je fait, pour venir accabler en ces lieuxUu héros sur qui seul j’ai pu tourner les yeux?
A-t-il de votre Grèce 1 inondé les frontières?Avons-nous soulevé des nations entières,
Et contre votre gloire excité leur courroux ?
Hélas ! nous l’admirions sans en être jaloux.
Contents de nos états, et charmés l’un de l’autre,îfous attendions un sort plus heureux que le vôtre :Porus bornoit ses vœux à conquérir un cœurQui peut-être aujourd’hui l’eût nommé son vainqueur.Ah ! n’eussiez-vous verse qu’un sang si magnanime ;Quand on ne vous pourrait reprocher que ce crime ;
Ne vous sentez-vous pas, seigneur, bien malheureuxD’être venu si loin rompre de si beaux nœuds ?
Non, de quelque douceur que se flatte votre ame jVous u'êtes qu’un tyran.
ÀIC1ANDRE.
Je le Vois bien, madame,Voua voulez que, saisi d’un indigne courroux,
En reproches honteux j’éclate contre vous :
Peut-être espérez-vous que ma douceur lasséeDonnera quelque atteinte à sa gloire passée.
Mais quand votre vertu ne m’auroit point charmé,Vous attaquez, madame, un vainqueur désarmé :
Mon ame, malgré vous h vous plaindre engagée,Respecte le malheur où vous êtes plongée.
C’est ce trouble fatal qui vous ferme les yeux,
Qui ne regarde eû moi qu’un tyran odieux :
Sans lui vous avoûriet que le sang et les larme»