1.46 ALEXANDRE
T AX ILE.
Non, ma sœur, je la veux adorer.
Je l’airne : et quand les vœux que je pousse pour elleN’en obtiendroient jamais qu’une Laine immortelle,Maigre tous scs mépris, maigre' tous vos discours,Malgré moi-même , il faut que je l’aime toujours.
Sa colore, apres tout, n’a rien qui me surprenne ;
C’est ù vous, c’est à moi qu’il faut que je m’en prenne.Sans vous,sans vos conseils,ma soeur, qui m’ont trahi,Si je n’e'tois aimé, je serois moins haï ;
Je la verrois, sans vous, par mes soins défendue,
Entre Ponts et moi demeurer suspendue ;
Et ne seroit-ce pas un honheur trop charmantQue de l’avoir réduite à douter un moment?
Non, je ne puis plus vivre accable' de sa haine ;fl faut que je me jette aux pieds de l’inhumaine.
J’y cours : je vais nfoffrir à servir son courroux,
Meme contre Alexandre, et même contre vous.
Je sais de quelle ardeur vous brûlez l’un pour l’autre :Mais c’est trop oublier mon repos pour le vôtre ;
Et, sans m’inquiéter du succès de vos feux,
Il faut que tout périsse, ou que je sois heureux.
CIEOFIZE.
Allez donc, retournez sur le champ de bataille ;
Ne laissez point languir l’ardeur qui vous travaille.!
A quoi s’arrête ici ce courage inconstant?
Courez : on est aux mains; et Porus vous attend.
TAXILS.
Quoi! Porus n’est point mort? Porus vient de paroître?.