ALEXANDRE. ACTE, V ? SCÈNE I. ï£g3e dois même un exemple au reste de la terre S3e dois venger sur lui tous les maux de la guerre 3Le punir des malheurs qu’il a pu prévenir,
Et de m’avoir forcé moi-même à le punir.
Vaincu deux fois, haï de ma belle princesse....
CLÉOFILE.
Je ne liais point Porus, seigneur, je le confesseEt s’il m’étoit permis d’écouter aujourd’huiLa voix de ses malheurs qui me parle pour lui,
Je vous dirois qu’il fut le plus grand de nos prince*,
Que son bras fut long-temps l’appui de nos provincesQu’il a voulu peut-être, en marchant contre vous,Qu’on le crût digne au moins de tomber sous vos coups,Et qu’un même combat signalant l’un et l’autre.
Son nom volât par-tout à la suite du votre.
Mais si je le défends, des soins si généreuxRetombent sur mon frère et détruisent ses vœux.
Tant que Porus vivra, que faut-il qu’il devienne ?
Sa.perte est infaillible, et peut-être la mienne.
Oui, oui, si son amour ne peut rien obtenir,
Il m’en rendra coupable, et m’eo voudra punir.
Et maintenant encor que votre cœur s’apprêteÀ voler de nouveau de conquête en conquête \
Quand je verrai le Gange entre mon frère et vous,
Qui retiendra, seigneur, son injuste courroux 2Mon amie, loin de vous, languira solitaire.
Kélas ! s’il condamnoit mes soupirs à se taire,
Que deviendroit alors ce coeur iufortuné ?
Ou sera le vainqueur à qui je l’ai donné ?