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Tome I.
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150
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IDO

ALEXANDRE,

ALEXANDRE.

Ali ! c’en est trop, madame ; et si ce cœur se donne,

Je saurai le garder, quoi que Taxile ordonne,

Bien mieux que tant detats qu’on m’a vu conquérir,

Et que je n’ai gardés que pour vous les offrir.

Encore une victoire, et je reviens, madame,

Borner toute ma gloire à régner sur votre ame,

Vous obéir moi-même, et mettre entre vos mainsLe destin d’Alexandre et celui des humains.

Le Mallien m’attend, prêt h me rendre hommage.

Si près de l’Océan, que faut-il davantageQue d’aller me montrer <x ce fier élément,

Comme vainqueur du monde, et comme votre amant?Alors,...

CLÉOFILE.

Mais quoi ! seigneur, toujours guerre sur guerre ?Cherchez-vous des sujets au-deUt de la terre?Voulez-vous pour témoins de vos faits e'elatantsDes pays inconnus meme h leurs habitants?Qu’cspérez-vouscombattre en des climats si rudes?

Ils vous opposeront de vastes solitudes,

Des déserts que le ciel refuse d’éclairer,

Où la nature semble elle-même expirer.

Et peut-être le sort, dont la secrète envieN’a pu cacher le cours d’une si belle vie,

Vous attend dans ces lieux, et veut que dans l’oubliVotre tombeau du moins demeure enseveli.

Pensez-vous y traîner les restes d’une arméeVingt fois renouvelée et vingt fois consumée?