t5û ALEXANDRE.
En vûîn quelques guerriers qu’anime son grand cœur!Ont ranlené lefiroi dans le camp du vainqueur :
Il fëut bien qu’il succombe, et qu’enfin son courageTombe sur tant de morts qui ferment son passage.Encor, si je pouvoîs, en sortant de .ces lieax,
Lui montrer Axiane, et mourir à ses yeux !
Mais Taxile m’enferme ; et cependant le traîtreDu sang de ce héros est allé se repaître ;
Dans les bras de la mort il le va regarder,
Si toutefois encore il ose l’aborder.
ALEXANDRE.
Non, madame, mes soins ont assuré sa vie :
Son retour va bientôt contenter votre envie.
Vous le verre*.
AXIANE.
Vos soins s’étendroient jusqu’à lui !
Le bras qui l’accabloît deviendroit son appui !J’attendrois son salut de la main cf Alexandre !
Mais quel miracle enfin n’en dois-je point attendre ?Je m’en souviens, seigneur, vous me l’avez promis,Qu Alexandre vainqueur n’avoit plus d’ennemis.
Ou plutôt ce guerrier ne fut jamais le vôtre :
La gloire également vous arma l’un et l'autre.
Contre un si grand courage il voulut s éprouver ;
Et vous ne l’attaquiez qu’afin de le sauver.
ALEXANDRE-
9fcs mépris redoublés qui bravent ma colèreMériteroicnt sans doute un vainqueur plus sévère ;Son orgueil en tombant semble s’êtrc affermi :
Mais je veux bien cesser d'être son ennemi ;