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Tome I.
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PREMIÈRE PRÉFACE. 167faire ues héros parfaits. Je trouve leur intentionfort bonne fie vouloir qu’on ne mette sur la scèneque des hommes impeccables ; mais je les prie dese souvenir que ce n’est point à moi de changer lesrègles du théâtre. Horace nous recommande depeindre Achille farouche, inexorable, violent, telqu’il étoit, et tel qu’on dépeint son fils. Aristote ,bien éloigné de nous demander des héros parfaits,veut,au contraire,que les personnages tragiques,c’est-à-dire ceux dont le malheur fait la catas-trophe de la tragédie , ne soient ni tout-à-faitbons, ni tout-'a-fait méchants. Il ne veut pas qu’ilssoient extrêmement bons, pareeque la punitiond’un homme de bien exciteroit plus l’indignationque la pitié du spectateur ; ni qu’ils soient mé-chants avec excès, parcequ’011 n’a point pitié d’unscélérat. Il faut donc qu'ils aient une bonté mé-diocre , c’est-à-dire une vertu capable de fai-blesse , et qu’ils 'tombent dans le malheur par-quelque faute qui les fasse plaindre sans les fairedétester.