ACTE I, SCÈNE I. i 7 5
T’ai-je jamais caché mon cœur et mes désirs?
Tu vis naître ma flamme et mes premiers soupirs :
Enfin, quand Ménélas disposa de sa fillelün faveur de Pyrrhus vengeur de sa famille,
Tu vis mon désespoir ; et lu m’as vu depuisTraîner de mers en mers ma chaîne et mes ennuis.
Je te vis à regret, en cet état funeste,
Prêt 5 suivre par-tout le déplorable Orcste,
Toujours de ma fureur interrompre le cours,
Et de moi-même enfin me sauver tous les jours.
Mais quand je me so : ns que, parmi tant d’alarmes,Ilcrmione à Pyrrhu odiguoit tous ses charmes,
Tu sais de quel courroux mon cœur alors éprisVoulut en l’oubliant punir tous ses mépris.
Je fis croire et je crus ma victoire certaine $
Je pris tous mes transports pour des transports de haine;Détestant ses rigueurs, rabaissant ses attraits,
Je défiois ses yeux de me troubler jamais.
Voilà comme je crus étouffer ma tendresse.
En ce calme trompeur j’arrivai dans la Grèce ;
Et je trouvai d’abord ses princes rassemblés,
Qu’un péril assez grand sembloit avoir troublés.
J’y courus. Je pensai que la guerre et la gloireDe soins plus importants rcmpliroient ma mémoire jQue, mes sens reprenant leur première vigueur,L’amour-achèveroit de sortir de mon cœur.
Mais admire avec moi le sort, dont la poursuiteMe fait oourir alors au piège que j’évite.
J’entends de tous cdtés qu’on menace Pyrrhus :
Toute la Grèce éclate en murmures confus :*