180 ANDROMAQUE.
Et que dans votre sein ce serpent élevéNe vous punisse un jour .de l’avoir conservé.
Enfin, de tous les Grecs satisfaites l’envie,
Assurez leur vengeance, assurez votre vie :
Perdez un ennemi d’autant plus dangereuxQu’il s’essaiera sur vous h. combattre contre eux.
PYRRHUS.
La Grèce en mâ faveur est trop inquiétée :
De soins plus importants je l’ai crue agitée,
Seigneur; et, sur le nom de son ambassadeur,
J’avois dans ses projets conçu plus de grandeur.
Qui croiroit en effet quunc telle entrepriseDu fils d’Agamemnon méritât l’entremise;
Qu un peuple tout entier, tant de fois triomphant.
N’eut daigné conspirer que la mort d’un enfant?
Mais à qui prétend-on que je le sacrifie ?
La Grèce a-t-elle encor quelque droit sur sa vie ?,
Et seul de tous les Grecs ne m’est-il pas permisD’ordonner des captifs que le sort m’a soumis ?
Oui, seigneür, lorsqu’au pied des murs fumants de TroieLes vainqueurs tout sauglants partagèrent leur proie,
Le sort, dont les arrêts lurent alors suivis,
Fit tomber en mes mains Andromaque et son fils.Hécube près d’Ulysse acheva sa misère ;
Cassandre dans Argos a suivi votre père :
Sur eux, sur leurs captifs, ai-je étendu mes droits ?
Ai-je eufin disposé du fruit de leurs exploits?
On craint qu’avec Hector Troie tm jour ne renaisse!
Sou fils peut me ravir le jour que je lui laisse!