ACTE U, SCÈNË t.
Aimer une captive, et Tanner à vos yeux,
Tout cela n’a donc pu vous le rendre odieux ?
Après ce qu’il a fait, que sauroit-il donc faire?
Il vous auroit déplu, s’il pouvoit vous déplaire.
HERMIOSE.
Pourquoi veux-tu, cruelle, irriter mes ennuis ?
!Je crains de me connoître en 1 état où je suis.
De tout ce que tu vois tâche de ne rien croire :
Crois que je n’aime plus ; vante-moi ma victoire ;Crois que dans son dépit mon cœur est endurci}Hélas! et, s’il se peut, fais-le-moi croire aussi!
Tu veux que je le fuie. Eh bien! rien ne m'arrête.Âllors, n’envions plus son indigne conquête :
'Que sur lui sa captive étende son pouvoir.
Tuyons... Mais si l’ingrat rentvoit dans son devoir*,
Si la foi dans son cœur retrouvoit quelque place;
S’il venoit à mes pieds me demander sa grâce ;
Si sous mes lois, Amour, tu pouvois l’engager ;
S’il vouloit.... Mais l’ingrat ne veut que m’outrager.Demeurons toutefois pour troubler leur fortune ;Prenons quelque plaisir à leur être importune *.
Ou, le forçant de rompre un nœud si solennel,
Aux yeux de tous les Grecs rendons-le criminel.
J’ai déjà sur le fils attiré leur colère :
Je veux qu’on vienne encor lui demander la mère.Reudons-lui les tourments qu’el'c me fait souffrir;Qu’elle le perde, ou bien qu’il la fasse périr.
- C L É O K E.
Vous pensez que des yeux toujours ouverts aux larmSe plaisent à troubler le pouvoir de vos charmes,