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Tome I.
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ACTE II, SCÈNE 17. i 9 5

Pensez-vous avoir seul éprouve' des alarmes ;

Que l’Épire jamais n’ait vu couler mes larmes ?

Enfin, qui vous a dit que, maigre' mon devoir,

Je n’ai pas quelquefois souhaite de vous voir?

o u e s T E.

Souhaité de me voir! Àh ! divine princesse...

Mais, de grâce, est-ce h. moi que ce discours s’adresse !Ouvrez vos yeux; songez qu’Orcste est devant vous,Oreste, si long-temps l’objet de leur courroux.

HERMÏOKÏ,

Oui, c’est vous dont l’amour, naissant avec leurs charmes,Leur apprit le premier le pouvoir de leurs armes;

Vous, que mille vertus me forçoient d’estimer;

Vous, que j’ai plaint, enfin que je youdrois aimer.

ORESTE.

Je vous entends. Tel est mon partage funeste :

Le cOeur est pour Pyrrhus, et les vœux pour Oreste.HE3U1IOSE.

Ah ! ne souhaitez pas le destin de Pyrrhus,

Je vous haïrois trop.

oreste.

Vous m’en aimeriez plus.

Àh! que vous me verriez d’un regard bien contraire!Vous nie voulez aimer, et je ne puis vous plaire ;

Et, l’amour seul alors se faisant obéir,

Vous m’aimeriez, madame, en me voulant haïr.

Oh dieux ! tant de respects, une amitié si tendre,

Que de raisons pour moi, si vous pouviez m’entendre!Vous seule pour Pyrrhus disputez aujourd’hui,

Peut-être malgré vous, sans doute malgré lui ;