ACTE III, SCÈNE VI.
andhomaque, à Céphlse.
Et que veux-tu que je lui dise encore?Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignore ?(à Pyrrhus,)
Seigneur, voyez 1 état où vous me réduisez :
3'ai vu mon père mort et nos murs embrasés;
J’ai vu trancher les jours de ma famille entière,
Et mon époux sanglant traîné sur la poussière,
Son fils, seul avec moi, réservé pour les fers;
Mais que ne peut un fils ! je respire, je sers.
J’ai fait plus ; je me suis quelquefois consoléeQu’ici plutôt qu’ailléurs le sort m’eût exilée ;Qu’heureux dans son malheur le fils de tant de rois,Puisqu’il devoir servir, fût tombé sous vos lois 3J’ai cru que sa prison deviendroit son asile.
Jadis Piiam soumis fut respecté d’Achille :J’attendois de son fils encor plus de bonté.
Pardonne, cher Hector! à ma crédulité :
Je n’ai pu soupçonner ton ennemi d’un crime;Malgré lui-même enfin je l’ai cru magnanime.
Ah! s’il l'étoit assez pour nous laisser du moinsAu tombeau qu’à ta cendre ont élevé mes soins;
Et que, finissant là sa haine et nos misères,
11 ne séparât point des dépouilles si chères 1
PYRRHUS.
Va m’attendre, Phoenix,
àfi 3