\
222 ANDROMAQUE.
C É P K 1 S E.
Madame, qui vous presse? Il suffit que sa vueDésormais à vos yeux ne soit plus défendue.
Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés ;
Et vos embrassements ne seront plus compte's.
Quel plaisir d’élever un enfant qu’on voit croîtreÎNon plus comme un esclave élève pour son maître,Mais pour voir avec lui renaître tant de rois!
ANDnOMAQUE.
Cépliise, allons le voir pour la dernière fois.
cé P h 1 s E.
Que dites-vous? Oh dieux!
ANDROMAQUE.
O ma chère Ccphise,
Ce n’est point avec toi que mon cœur se déguise.
Ta foi dans mon malheur s’est montrée à mes yeux ;Mais j’ai cru qu’à mon tour tu me connoissois mieux.Quoi donc ! as-tu pensé qu’Àndromaque infidèlePftt trahir un époux qui croit revivre en elle ;
Et que, de tant de morts réveillant la douleur,
Le soin de mon repos me fît troubler le leur?
Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre?
Mais son fils périssoit, il l’a fallu défendre.
Pyrrhus en m’épousant s’en déclare l’appui:
Il suffit : je veux bien m’en reposer sur lui.
Je sais quel est Pyrrhus : violent, mais sincère,Ccphige, il fera plus qu’il n’a promis de faire.
Sur le courroux des Grecs je m’en repose encor;
Leur haine va donner un père au fils d’ffcctor.