ACTE IV, SCÈNE î. à a 3
Je vais donc, puisqu'il faut que je me sacrifie,
Assurer 5 Pyrrhus le reste de ma vie;
Je vais, en recevant sa foi sur les autels,
L’engager à mon fils par des nœuds immortels.
Mais aussitôt ma main, à moi seule funeste,
D’une infidèle vie abrégera le reste;
lit, sauvant ma vertu, rendra ce que je doi
A Pyrrhus, à mon fils, h mon cpotirf, à moi.
Voilà de mon amour l’innocent stratagème ;
Voilà ce qu’un époux m’a commandé lui-même.
J’irai seule rejoindre Hector et mes aïeux.
Cépliise, c’est à toi de me fermer les yeux.
c é p n t s Ê.
Ah ! ne prétendez pas que je puisse survitre...
ASDllOMAOUÉ.
Non, non, je te défends, Cépliise, dé me suivre ;
Je confie à^tes soins mon unique trésor :
Si tu vivois pour moi, vis pour le fils d'Hector.
De l’espoir des Troyens seule dépositaire,
Songe à combien de rois tu deviens nécessaire.
Veille auprès de Pyrrhus; fais-lui garder sa foi:
S’il le faut, je consens qtt’on lui parle de moi.
Fais-lui valoir l'hymen où je me suis rangée :
Dis-lui qu’avant ma mort je lui fus engagée ;
Que scs ressentiments doivent être effacés;
Qu’en lui laissant mon fils, c’est l’estimer assez.
Fais connoître à mon fils les hcYos de sa race ;
Autant que tu pourras, conduis-Ie sur leur trace îDis-lui par quels exploits leurs noms ont éclaté,
Plutôt oc qu’ils ont fait que ce qu'ils ont été :