ACTE IV, SCÈNE V.
SCÈNE V
PYRRHUS, H ER M I ON K, P ÏI OU K I X.
P Y il K H U S.
Vous ne m’attendiez pas, madame; et je vois bienQue mon ahord ici trouble votre entretien.
Je ue viens point, arme d’un indigne artifice,
D"un voile d’équité couvrir mon injustice :
H suffit que mon cœur me condamne tout bas?
Et je soutiendrais mal ce que je ne crois pas.
J épouse une Troyërine ; oui, madame : et j’avoueQue je vous ai promis là foi que je lui voue.
Un autre vous diroit que, dans les champs iroyens,
Nos doux pères, sans nous, formèrent ces liens;
Et que. sans consulter ni mon choix ni le votre,
Nous fûmes, sans amour, engagés l’un h l’autre :
Mais c'est assez pour moi que je me sois soumis.
Par mes ambassadeurs moii cœur vous fut promisLoin de les révoquer je voulus y souscrire :
Je vous vis avec eux arriver en Épire;
Et, quoique d’un autre œil l’éclat victorieuxEût déjà prévenu le pouvoir de vos yeux,
Je ue m’arrêtai point à cette ardfcur nouvelle ,
Je voulus m’obstiner à vous être fidèle ;
Je vous reçus en reine, et jusques h fce jourJ ai cru (pie mes serments me tiendvoicnt lieu d’amour.Mais cet amour l’emporte ; et, par un coup fuileste,Andromoque m’arrache un cœur qii’ellc déteste :