ACTE V, SCÈNE III. 2{3>
Voilà de ton amour le détestable fruit :
Tu m’apportois, cruel, le malheur qui te suit.
C’est toi (dont l’ambassade, à tous les deux fatale,
L’a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.
Nous le verrions encor nous partager ses soins :
Il m’aimeroit peut-être ; il le feindroit du moins.
Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire;>
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,
A toute mq famille ; et c’est assez pour moi,
Traître, quelle ait produit un monstre comme toi.
SCÈNE IV.
O R E S T Ë.
Que vois-je ? est-ce Ilermiouc ? et que viens-je d’entendre?Pour qui coule le sang que je viens de répandre?
Je suis, si je l’en crois, un traître, un assassin.
Est-ce Pyrrhus qui meurt? et suis-je Oreste enfin ?
Quoi 1 j étouffe en mon coeur la raison qui m’éclaire •,J’assassine à regret un roi que je révère *
Je viole en un jour les droits des souverains,
Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains,
Ceux même des autels où ma fureur l’assiège ;
Je deviens parricide, assassin, sacrilège -,
Pour qui ? pour une ingrate à qui je le promets,
Qui même, s’il ne meurt, ne me verra jamais ,
Dont j épousé la rage : et quand je l’ai servie ,
Elle me redemande et son sang et sa vie !
Elle l'aime 1 et je suis un monstre furieux \
Je la vois pour jamais s’éloigner de mes yeux !