ACTE V, SCÈNE V.
345
O U E S T E.
Elle meurt ! dieux ! qu'entends-je !
?
PÏLADE.
Hé quoi ! vous l'ignoriez?En rentrant dans ces lieux nous 1{avons rencontréeQui couroit vers le temple, inquiète, égarée.
Elle a trouvé Pyrrhus porté sur des soldatsQue son sang excitoit à venger son trépas.
Sans doute h cet objet sa rage s’est emue.
Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vueUn poignard h la main sur Pyrrhus se courber,
Lever les yeux au ciel, se frapper, et tomber.
Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance IOui, je te loue, o ciel, de ta persévérance :
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m’as fait parvenir :
Ta haine a pris plaisir h former ma misèrçqJetois né pour servir d’exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli :
Hé bien! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ! Pour couronner ma joie,Dans leur sang, dans le mien, il faut que je me noieL’un et l’autre en mourant je les veux regarder:Réunissons trois cœurs qui n’ont pu s’accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne?
De quel côté sortir? D’où vient que je frissonne?Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j’entrevoi...»Pieux ! quels ruisseaux do sang coulent autour de moi \
21 .