32 B R I T A N N I C TJ S.
Heureux si ses vertus l’une à l'autre enchaînéesRamènent tous les ans ses premières années !
a g n i p r i N E.
Ainsi, sur l’avenir n’osant vous assurer,
Vous croyez que sans vous Néron va s’égarer.Mais vous, qui jusqu’ici content de votre ouvrageVenez de ses vertus nous rendre témoignage,Expliquez-nous pourquoi, devenu ravisseur,Néron de Silanus fait enlever la sœur?
Ne tient-il qu’à marquer de cette ignominieLe sang de mes aïeux qui brille dans Junie ?
De quoi l’accusc-t-il ? et par quel attentatDevient-elle en un jour criminelle d’état ;
Elle qui, sans orgueil jusqu’alors élevée,
N auroit point vu Néron, s’il ne l’eût enlevée,
El qui même auroit mis au rang de ses bienfaitsL’heureuse liberté de ne le voir jamais ?
b u u r n u s.
Je sais que d'aucun crime elle n’est soupçonnée.Mais jusqu'ici César ne l’a point condamnée,Madame : aucun objet ne blesse ici ses yeux ;
Elle est dans un palais tout plein de ses aïeux.Vous savez que les droits qu’elle porte avec ellePeuvent de sou époux faire un prince rebelle;
Que le sang de César ne se doit allierQu’à ceux à qui César le veut bien confier :
Et vous-même avouiez qu’il ne seroit pas justeQu’on disposât sans lui de la nièce d’Auguste.
AGRIPPINE.
Je vous entends : Néron m’apprend par votre voix