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Tome II.
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3r

ACTE ï, SCÈNE II.

Daus une longue enfance ils l’auroient fait vieillir.

De quoi vous plaignez-vous, madame? On vous révère îAinsi que par César, on jure par sa mère.

L’empereur, il est vrai, ne vient plus chaque jourMeure à vos pieds l’empire, et grossir voue cour :

Mais le doit-il, madame? et sa reconnoissanceNe peut-elle éclater que dans sa dépendance ?

Toujours humble, toujours le timide NéronN'ose-t-il être Auguste et César que de nom?

Tous le dirai-je enfin? Rome le justifie.

Rome, à trois affranchis si long-temps asservie,

A peine respirant du joug qu’elle a porté,

Du règne de Néron compte sa liberté.

Que dis-je? la vertu semble même renaître.

Tout l’empire n’est plus la dépouille d’un maître :

Le peuple au champ de Mars nomme ses magistrats :César nomme les chefs sur la foi des soldats :

Thraséas au sénat, Corbulou dans l’armée,

Sont encore innocents, malgré leur renommée :

Les déserts, autrefois peuplés de sénateurs,

Ne sont plus habités que par leurs délateurs.

Qu'importe que César continue à nous croire ,

Pourvu que nos conseils ne tendent qu'à sa gloire ;Pourvu que dans le cours d’un règne florissantRome soit toujours libre, et César tout-puissant?

Blais, madame, Néron suffit pour se conduire.

J'obéis, sans prétendre à l’honneur de l’instruire.

Sur scs aïeux, sans doute, il n’a qu’à se régler ;

Poui bien faire, Néron n’a qu’à se ressembler.